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Ma vie

Aveugle et pourtant lecteur attentif de www.vd.ch

Cédric Fardel (accompagné de son chien-guide Neptune) vérifie que le contenu du site cantonal est accessible avec les moyens auxiliaires utilisés par les handicapés de la vue.

Depuis trois mois, deux fois par semaine, Cédric Fardel vient en train à Lausanne depuis Yverdon, puis prend le bus jusqu’à la rue Caroline pour rejoindre son poste de travail au sein des locaux de la Direction des systèmes d’information (DSI). Un trajet tout sauf banal pour ce jeune homme de 19 ans, handi- capé de la vue et secondé par son chien-guide Neptune.

Passionné d’informatique depuis l’ âge de 14 ans, Cédric Fardel a intégré l’équipe des cinq à six stagiaires travaillant sur le projet Accessibilité dirigé par Marc Johannot (voir La Gazette 174 du 13 mars 2006). Son rôle? Vérifier, à l’aide d’un lecteur d’écran couplé à un clavier braille, que les pages du site de l’État de Vaud sont parfaitement accessibles et compréhensibles par tous les malvoyants équipés du même système de décodage. «J’ai un grand plaisir à travailler ici, d’une part je me sens complètement concerné par les objectifs poursuivis et d’autre part, j’apprécie de pouvoir induire des améliorations grâce à mon expérience». Cédric Fardel espère aujourd’hui, après la fin de son stage, poursuivre une formation professionnelle en entreprise, en informatique évidemment.

Source :

Gazette de l’Etat de Vaud 9 décembre 2007

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Cécité et malvoyance

Conseils aux voyants

Je vous propose de passer en revue les situations où voyants et non-voyants peuvent s’entraider. Car s’il est difficile au voyant de s’adapter aux besoins
spécifiques des aveugles, il faut se dire qu’il ne va pas de soi, pour cet aveugle, de prendre en compte les repères habituels et les réactions spontanées
des voyants. L’un et l’autre doivent faire un effort pour communiquer. Il faut être naturel mais aussi attentif, avoir autant d’imagination que de bon
sens. La générosité va généralement de soi, l’humour est vivement recommandé.

Parlez

C’est primordial. Le premier contact avec quelqu’un c’est généralement un petit signe, un sourire…Essayez la même chose avec des mots.

Faites vous connaître

Un simple bonjour ne suffit pas. Il m’est arrivé de rencontrer quelqu’un à l’entrée de mon immeuble, de prendre l’ascenseur avec lui, et de m’apercevoir
au final que chacun ouvre sa porte sur le même palier. C’était donc mon voisin! lui bien sûr il m’a reconnu, mais pas moi. Vous présenter autorise l’aveugle
à échanger avec vous, ce qu’il n’osera pas faire sans y avoir été invité. Car si bienveillante que soit l’expression de votre visage, il ne la voit pas.

Dites ce que vous faites

Parler c’est imprtant partout: dans la rue, à l’intérieur d’un immeuble ou d’un magasin. Parlez afin que votre intervention soit compréhensible et acceptée
plutôt que subie. Combien de fois ai-je été dévié de ma trajectoire par un passant sans savoir pourquoi. Tandis qu’il accomplit la manoeuvre qui m’évite
sans doute un choc ou une chute, pas un mot. La soudaineté parfois impérieuse avec la quelle je suis manipulé me perturbe. En pensant prendre le contrôle
d’une situation qu’il juge délicate ou dangereuse pour moi, ce passant a pris le contrôle de ma personne. Je suis aveugle, pas inanimé! Ce qu’il fallait
faire? m’avertir: “Attention, Monsieur, il y a une poubelle devant vous, puis-je vous aider?”
L’empressement muet et parfois fanatique des gens vis-à-vis d’un aveugle peut prendre des tournures drolatiques et parfois inquiétantes. Certains craignent
la contagion bien connue de notre mal et s’emparent d’une manche de notre veste pour nous déplacer. D’autres diagnostiquent une panne d’essence et nous
poussent par l’arrière. Le plus stupéfiant est sans doute d’être dirigé par la canne qui fait alors office de laisse, à moins qu’on ne la confonde avec
la perche du remonte-pente sur une piste de ski.
Ces comportements peuvent paraître caricaturaux et pourtant ils ne sont pas exceptionnels. La maladresse des voyants est liée à leur méconnaissance des
véritables besoins de l’aveugle. Le plus simple, c’est donc de proposer son aide au lieu de l’imposer, en parlant le premier. L’aveugle vous confiera sans
complexes le mode d’emploi pourvu que vous osiez le lui demander.

Parlez normalement

Les non-voyants se servent de tous les mots du dictionnaire. Ne vous censurez pas pour ménager une susceptibilité que vous imaginez et qu’ils ne ressentent
absolument pas: vous penserez peut-être faire preuve de délicatesse en évitant les mots qui se rapportent de près ou de loin à leur handicap. Or vous risquez
ainsi de compliquer à outrance la communication et d’instaurer un malaise qui n’existait pas. Les aveugles emploient tout aussi étourdiment que les voyants
des automatismes de langage comme “tu vois”, “t’as vu”, “à vue d’oeil”, etc…et diront tout naturellement qu’ils ont vu à la télé ceci ou cela.

La marche

Pour qu’un aveugle se guide d’après vous, le mieux est de lui offrir votre bras, de préférence le droit afin de laisser libre et opérante sa propre main
droite, celle qui la plupart du temps tient la canne (on fait l’inverse pour un gaucher). Pensez combien il est plus agréable de suivre le mouvement d’une
personne plutôt que d’être tiré par elle, et combien c’est plus efficace.

Dans un magasin ou une administration

La plupart des informations sont visuelles. Un voyant repère tout de suite la file d’attente, la progression des clients, et quand c’est son tour ou si
la vendeuse ou l’employé sont prêts à le servir ou à l’écouter. Le mieux est donc d’indiquer au non-voyant la fin de la file, de lui dire d’avancer au
fur et à mesure que c’est possible, enfin de lui signaler quand c’est son tour.
Certaines vendeuses deviennent muettes d’embarras en découvrant un aveugle devant elles. Encore une situation difficile et toujours une seule ressource:
la parole.

Dans le métro

Je prends beaucoup le métro. Pas question de profiter des indications de directions qui toutes sont visuelles. Dans le dédale des couloirs, des correspondances
et des stations, il faut demander. Pour demander, il faut déjà pouvoir arrêter quelqu’un! Les gens ne s’arrêtent pas toujours, et si quelqu’un s’arrête
mais sans rien dire, comment le saurais-je? Alors je pose une question, et tant que je n’ai pas de réponse je la repose…
Le métro arrive: je dois trouver la porte. Si elle s’ouvre devant moi, tant mieux. Sinon, je cherche à tâtons…Dans la rame, les places assises ne font
pas plus de bruit que les places occupées. Je cherche à l’aide de ma canne et de la main, risquant évidemment de heurter une personne déjà assise. Il m’arrive
de rester debout, lassé d’avoir à demander. Je suis donc bien content lorsque quelqu’un me désigne une place.

Ici ou là

“Ici” ou “là”, “c’est par là”, “tout droit”…ça ne m’avance guère! Cette formulation est tellement spontanée qu’il est difficile de l’éviter. Je crois
qu’il faut une pratique déjà éprouvée de l’univers des non-voyants pour la corriger. Peut-être y penserez-vous désormais…
Au chapitre des indications, je signale aux automobilistes qu’un appel de phares a peu de chances d’attirer l’attention de l’aveugle. Klaxonner n’est pas
non plus très explicite. L’idéal est de baisser la vitre et de parler.

Réunions et réceptions

Il est bien hasardeux de reconnaître une personne à sa voix lorsqu’elle se trouve parmi des dizaines d’autres, puis de se diriger vers elle. On peut l’appeler
certes, mais cela manque d’élégance. Vous me rendrez donc un service appréciable en prenant l’initiative de vous déplacer vers moi. Sinon je me débrouille
en avançant dans la pièce au gré des conversations.

A table

Ce n’est pas si problématique. Il suffit d’annoncer le contenu de l’assiette et la place des ustensiles. Les couverts permettent aisément de faire le tour
des aliments. Evitez d’avancer un morceau de pain en disant “tiens”, posez-le plutôt en précisant “devant l’assiette à droite”, par exemple.
Si vous voulez être vraiment sympa, détaillez pour l’aveugle le contenu d’un plat où sont disposées diverses sortes d’aliments, des amuse-gueules par exemple:
cela lui évitera de se forcer à avaler poliment des aliments qu’il n’aime pas, ou de devoir en remplir subrepticement ses poches.

Quand vous viendrez chez moi

Il est crucial pour un non-voyant de retrouver les objets à la place où il les avait mis. Il faut donc ne pas les déplacer sans l’avertir. Il m’arrive souvent
de chercher pendant longtemps quelque chose qui n’est plus à sa place, puis de découvrir que c’était à côté de moi! Je ne voyais pas cet objet si proche,
c’est par le toucher que nos routes se sont croisées de nouveau.
Si vous laissez quoi que ce soit dans un passage, sachez que cela va se transformer en obstacle. J’enrage régulièrement contre les portes laissées entrouvertes:
je ne me suis pas méfié et j’en prends encore une en pleine tête!
En arrivant chez moi un soir d’hiver, il y a de fortes chances pour que vous trouviez mon appartement plongé dans le noir tout comme moi. Vous allumez
donc en arrivant, ce qui est normal puisque je n’y pensais pas. J’oublierai probablement aussi de vous demander d’éteindre en partant. Si personne n’y
pense, la lumière restera allumée pendant plusieurs jours, avant qu’un nouveau visiteur ne m’en fasse la remarque…

Source : www.lignedevue.org

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Chien-guide Neptune

Qui est Neptune?

Je m’appelle Neptune, je suis un chien-guide pour aveugle. J’accompagne le webmaster de ce site dans ses déplacements quotidiens. Je viens de la Fondation
École Romande Chiens-guides à Brenles (Suisse). Et voici ce qui s’est passé pour moi, avant d’être confié à mon maître :

A l’âge de sept semaines, je suis parti pendant 15 mois dans une famille de parrainage. Cette famille m’a appris à bien me comporter en toutes circonstances
en me permettant de me familiariser avec le monde extérieur : on m’a emmené dans des rues fréquentées, dans des magasins, dans les transports publiques,
etc.
A 15 mois, je suis retourné dans l’école pour commencer une formation de 8 à 9 mois avec un moniteur spécialisé. Il m’a fait passer des tests pour vérifier
si je ne sursautais pas à chaque bruit. Ensuite, j’ai été entraîné à me tenir tranquille et concentrer au harnais.

Maintenant, je suis capable de chercher des passages piétons, de repérer les changements de niveaux, d’éviter les obstacles qui sont au niveau de mon maître
et de sa tête.
Figurez-vous qu’ils m’ont fait passé un examen de fin de formation, et que je l’ai réussi ! Cela signifie alors que je suis « bon pour le service », qu’on
va pouvoir me trouver un maître qui pourra apprécier mon aide.
Et c’est ainsi que, depuis le 10 avril 2006, je suis chez mon maître Cédric…

Cliquez ici pour voir mes photos!

Pour finir, permettez-moi de vous faire une demande : si vous voyez un chien-guide entrain de travailler, merci de ne pas le caresser.

Neptune

PS : merci à mon maître pour m’avoir aidé à rédiger cet article. Dans ma formation, on ne m’a pas appris l’orthographe !

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Ma vie Photos

Ma photo

2 mois que je n’ai pas remis quelque chose sur mon site. J’espère que vous allez tous bien. Aujourd’hui, je vous propose enfin une photo de moi!
N’hésitez pas à déposer vos commentaires.
A très bientôt
Cedric

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Ma vie

à propos

Cédric et ZoraJe m’appelle Cédric, , je suis né en 1988. Atteint d’une vitréo-rétinopathie, j’ai vu très peu jusqu’à environ 4 ans et, depuis cet âge, il ne me reste plus
qu’une très faible perception de la lumière.

Pour moi, être aveugle est donc quelque chose de normal, d’habituel, et, pour être franc, je ne me pose pas de questions. Ça ne me gêne pas qu’on me parle du handicap, mais je n’y pense pas plus que la plupart des gens ne réfléchisse sur le fait d’y voir clair..

S’agissant de savoir comment on « voit » quand on est aveugle, si l’on est dans le noir, j’ai un peu de mal à expliquer la chose car je n’ai pas de point de comparaison. En tous cas, je ne vois pas le noir. Je parlerais plutôt d’une impression de clarté ou d’obscurité. Je précise que je ne vis pas la cécité comme un drame, que je n’échangerais pas mon handicap contre un autre et que je considère donc qu’il y a toujours pire situation que la sienne.

J’ai le bonheur d’avoir un chien-guide qui facilite grandement mes déplacements. Concernant le site Internet, j’ai eu l’idée de le lancer en 2002 , notamment pour montrer que la cécité n’est pas un handicap aussi limitant qu’on pourrait le croire parfois.

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La vie du site

cinq ans déjà!

Aujourd’hui 21 juin 2007 mon site fête ses 5 ans ! Que de version depuis son
ouverture.

Pour son anniversaire j’ai mis en place un nouveau design, et réorganisé le
blog. Vous pouvez à nouveau déposer vos commentaires dans les articles, j’espère
que les spams viendront pas les envahir.

A très bientôt

Cédric

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Accessibilité Moyens auxiliaires

comment je peux utiliser un ordinateur en étant aveugle?

D’abord, mon ordinateur est tout à fait ordinaire, le même que
le vôtre ! Mais nous y avons installé un driver qui permet de
faire fonctionner un afficheur_braille. Ainsi, le texte qui apparaît à l’écran, je peux moi l’avoir sous les doigts et le lire tout simplement.
Et, voyez-vous, j’ai sur vous un petit avantage : c’est par l’écran
que vous, voyants, vous prenez connaissance des informations, le
seul moyen à votre disposition. Moi, j’en ai deux ! Le Braille,
on vient de le voir, mais également un programme comprenant une revue d’écran qui intègre une synthèse vocal qui rend l’ordinateur parlant (ce logiciel
s’appelle Jaws et pilote aussi bien le vocal que le Braille).
Bien sûr je ne peux pas utiliser la souris, j’utilise le clavier
ordinaire et je connais un grand nombre de raccourcis qui m’offrent beaucoup de possibilités.

A partir de cet équipement, je peux surfer sur Internet,
utiliser les messageries, exploiter un traitement de texte,
graver, imprimer, programmer, etc…

Pour toute remarque, laissez un commentaire.