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  • Un nouveau visage pour Apple, une nouvelle ère pour nous ?

    Le clap de fin a retenti pour Tim Cook. Alors que le géant de Cupertino tourne la page la plus rentable de son histoire, un nouveau visage s’apprête à porter le destin de l’iPhone sur ses épaules : John Ternus.

    C’est un séisme dans la Silicon Valley. Après avoir consolidé l’empire financier d’Apple, Tim Cook laisse sa place. Pour lui succéder, la firme a choisi John Ternus, actuel Senior Vice President de l’ingénierie matérielle. Plus jeune, très impliqué dans la transition vers les puces Apple Silicon, Ternus incarne cette nouvelle garde technique qui pourrait bien bousculer les habitudes de la maison.

    Retrouver l’ADN de l’époque Steve Jobs

    On ne va pas se mentir : si Tim Cook était le maître de la logistique, il nous manquait parfois ce grain de folie, cette prise de risque qui faisait vibrer les Keynotes de l’époque Jobs. On espère aujourd’hui que John Ternus saura insuffler ce nouveau souffle. Même si l’on sait que « ce ne sera jamais pareil », l’envie de revoir une marque audacieuse est là.

    Mon attente : J’espère que sous cette nouvelle ère, Apple va enfin sortir de sa zone de confort en matière d’acquisitions. Il est temps que la firme utilise son trésor de guerre pour racheter des entreprises logicielles stratégiques. Apple doit redevenir un leader de l’innovation logicielle et non plus seulement un perfectionneur de matériel.

    L’accessibilité : Un pilier à consolider

    Au milieu de cette transition majeure, un point reste crucial à mes yeux : l’accessibilité. Apple a souvent eu une longueur d’avance pour rendre la technologie utilisable par tous. Est-ce que Ternus continuera de placer l’humain au centre de ses priorités matérielles et logicielles ? C’est un dossier que nous suivrons de très près.

  • Accessibilité Apple : Oxytude interpelle la firme à la pomme

    Le site Oxytude.org, référence en matière d’accessibilité numérique pour les personnes aveugles et malvoyantes, a récemment publié une
    lettre ouverte adressée à Apple.

    Dans ce plaidoyer, l’équipe d’Oxytude dénonce la persistance de nombreux bugs d’accessibilité (VoiceOver, suivi du curseur, prononciation des grands nombres)
    qui entravent l’usage quotidien des produits Apple depuis plusieurs années. Malgré les retours constants des utilisateurs durant les phases bêta,
    ces problèmes restent trop souvent sans correction, impactant directement l’autonomie des utilisateurs handicapées.

    Nous vous invitons vivement à lire cette lettre et à la partager pour sensibiliser le plus grand nombre à cet enjeu majeur de l’intégration numérique.

    Lien vers l’article complet :

    Lettre ouverte à Apple – Oxytude.org

  • Le Braille, bien plus que des points, une liberté à défendre

    Le 4 janvier, nous célébrons la Journée internationale du braille. Plus qu’un simple hommage à Louis Braille, cette date est un rappel vital : l’accès à l’écrit est un droit fondamental, et pour les personnes aveugles ou malvoyantes, ce droit porte un nom et une texture.

    Pourquoi le Braille est irremplaçable

    Le braille n’est pas une option, c’est le socle de l’alphabétisation. Si la synthèse vocale est un outil formidable pour la rapidité et l’accès à l’information de masse, elle ne remplace en rien la lecture.

    • L’orthographe et la grammaire : On n’apprend pas à écrire en écoutant, on apprend en touchant les mots.
    • L’autonomie réelle : Prendre des notes en réunion, lire un discours en public ou simplement étiqueter ses boîtes de médicaments demande une maîtrise du braille.
    • La structure de la pensée : Lire par soi-même permet d’assimiler la ponctuation, la mise en page et la structure d’un texte, des éléments que l’oreille seule laisse souvent s’échapper.

    L’illusion du “Tout-Audio”

    Aujourd’hui, nous constatons une dérive inquiétante : l’abandon progressif du braille au profit de la synthèse vocale. Sous prétexte de modernité, on prive les jeunes d’un outil d’émancipation. Écouter n’est pas lire. Se contenter de l’audio, c’est devenir un “analphabète secondaire”.

    Le cri d’alarme : L’école en question

    Le problème prend racine dès l’enfance. Avec l’intégration des élèves aveugles en milieu scolaire ordinaire, le temps dédié à l’apprentissage du braille a fondu comme neige au soleil. Aujourd’hui, un enfant non-voyant ne bénéficie souvent que d’une à deux heures de braille par semaine avec un enseignant spécialisé.

    Posons-nous la question : que dirait-on si l’on annonçait aux parents d’enfants voyants que leurs enfants n’apprendraient à lire et à écrire que deux heures par semaine ? Ce serait un scandale national. On crierait à l’abandon scolaire. C’est pourtant la réalité que vivent de nombreux jeunes aveugles aujourd’hui.

    Conclusion

    Le braille est l’outil de la liberté. Ne laissons pas la technologie nous dicter notre rapport au monde. En cette journée internationale, réaffirmons que l’accès à l’écriture tactile est une exigence démocratique. Apprendre le braille, c’est choisir de voir avec ses doigts pour ne plus dépendre uniquement de ses oreilles.

  • La Fée Verte : Un Apéritif à Redécouvrir

    Je suis ravi de partager ma passion pour une boisson qui a traversé les âges, défié les interdits et conservé son aura mystérieuse : l’absinthe. Pour ma part, elle est souvent l’invitée d’honneur de mes apéritifs, et j’aime à la déguster dans les règles de l’art. Si vous aussi êtes curieux de percer les secrets de la Fée Verte, suivez le guide !


    D’où vient l’absinthe ? Ses origines suisses

    Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’absinthe n’est pas née dans les cafés parisiens du XIXe siècle, mais bien ici, en Suisse ! C’est dans le paisible Val-de-Travers, dans le canton de Neuchâtel, que cette boisson emblématique a vu le jour à la fin du XVIIIe siècle. La légende attribue sa création au Dr Pierre Ordinaire, un médecin français émigré, ou à Marguerite Henriette Henriod, qui aurait mis au point la première recette comme un élixir médicinal. Quoi qu’il en soit, le Val-de-Travers est sans conteste le berceau de l’absinthe, et la région continue d’être un haut lieu de sa production.

    L’absinthe est un spiritueux obtenu par la distillation d’une macération de plantes, dont la grande absinthe (Artemisia absinthium), l’anis vert et le fenouil sont les principaux ingrédients, souvent complétés par d’autres herbes comme l’hysope, la mélisse ou l’angélique. C’est cette combinaison unique qui lui confère son goût si distinctif et ses arômes complexes.


    Le rituel de dégustation : L’art de « louche » l’absinthe

    Déguster l’absinthe est bien plus qu’un simple acte de boire ; c’est un véritable rituel, une expérience sensorielle et visuelle qui révèle toute la subtilité de cette boisson. Oubliez les clichés du sucre flambé, popularisé par les discothèques tchèques dans les années 90 pour le spectacle, mais qui altère le goût. La méthode traditionnelle est la plus élégante et la plus respectueuse de l’absinthe :

    1. Le verre et la cuillère (optionnel) : Versez une mesure d’absinthe (environ 2 à 4 cl) dans un verre à absinthe traditionnel. Si vous le souhaitez, placez une cuillère à absinthe perforée sur le rebord du verre, et déposez-y un morceau de sucre. Notez que l’ajout de sucre n’est pas obligatoire ; de nombreuses absinthes sont délicieuses sans, et de plus en plus de dégustations se font sans cette étape pour apprécier l’amertume et les arômes bruts de la plante.
    2. La fontaine ou la carafe d’eau glacée : L’étape cruciale est l’ajout lent de l’eau. Idéalement, utilisez une fontaine à absinthe qui permet un goutte-à-goutte régulier. À défaut, une carafe d’eau glacée (sans glaçons directement dans le verre, pour ne pas « anesthésier » les saveurs) fera l’affaire.
    3. Le « louche » : Laissez l’eau s’écouler très lentement. Si vous utilisez du sucre, l’eau le dissout avant de tomber dans l’absinthe. C’est à ce moment que la magie opère : l’absinthe se trouble progressivement, passant d’un vert limpide à un blanc laiteux, presque opalescent. Ce phénomène, appelé « louche », est dû à la libération des huiles essentielles des plantes qui, insolubles dans l’eau, forment une émulsion. C’est le signe d’une absinthe de qualité !
    4. La dilution : Continuez d’ajouter de l’eau jusqu’à obtenir une dilution d’environ 3 à 5 volumes d’eau pour 1 volume d’absinthe, selon vos préférences. Une fois le sucre dissous (si utilisé) et la louche formée, mélangez délicatement avec la cuillère.

    Notes de dégustation : Le goût de l’absinthe est unique. Vous découvrirez des arômes anisés prononcés, mais aussi des notes herbacées, florales et parfois légèrement amères, équilibrées par la douceur du sucre si vous avez choisi d’en ajouter. Chaque absinthe a son caractère propre, allant du plus doux et sucré au plus fort et herbacé.


    L’interdiction en Suisse : Un passé mouvementé

    L’absinthe a connu un succès fulgurant au XIXe siècle, devenant la boisson préférée des artistes et des intellectuels, mais aussi un apéritif populaire. Cependant, sa forte teneur en alcool et son association avec certains troubles sociaux ont conduit à sa stigmatisation.

    En Suisse, l’interdiction de l’absinthe est intervenue en 1910, suite à une votation populaire en 1908. Plusieurs facteurs ont contribué à cette décision :

    • Le « mythe de l’absinthisme » : On attribuait à l’absinthe des effets psychoactifs et hallucinogènes, bien au-delà de ceux de l’alcool seul. La thuyone, une substance présente dans la grande absinthe, était pointée du doigt comme la cause de folie et de violence. Des études ultérieures ont largement démontré que les effets de l’absinthe n’étaient pas plus dangereux que ceux d’autres spiritueux, et que les accusations étaient souvent exagérées ou liées à des cas d’alcoolisme sévère.
    • Le drame de Lanfray : Un fait divers marquant, le « drame de Lanfray » en 1905, où un ouvrier agricole suisse a tué sa famille après avoir consommé de l’alcool, dont de l’absinthe, a servi de catalyseur à la campagne prohibitionniste. Bien qu’il ait aussi bu d’énormes quantités de vin et de brandy, l’absinthe fut désignée comme le bouc émissaire.
    • Le mouvement de tempérance et les intérêts économiques : Le mouvement de tempérance, prônant la sobriété, a trouvé dans l’absinthe une cible facile. Par ailleurs, les viticulteurs et les producteurs d’autres alcools voyaient d’un mauvais œil le succès grandissant de l’absinthe, qui concurrençait leurs produits.

    Malgré l’interdiction, la production d’absinthe a perduré clandestinement dans le Val-de-Travers pendant près d’un siècle, témoignant de l’attachement à cette tradition. Heureusement, la Suisse a levé l’interdiction le 1er mars 2005, permettant à la Fée Verte de retrouver sa place légitime dans le paysage des spiritueux.


    Aujourd’hui, l’absinthe est de nouveau célébrée pour sa richesse aromatique et son histoire fascinante. Si vous n’avez pas encore eu l’occasion de vous initier à ses charmes, je vous invite vivement à tenter l’expérience. Vous pourriez bien découvrir votre nouvel apéritif préféré !

    Découvrez les distillateurs du Val-de-Travers

    Pour explorer davantage le monde de l’absinthe et soutenir les producteurs locaux, voici quelques distilleries qui perpétuent la tradition dans le Val-de-Travers :

    Et vous, quelle est votre absinthe préférée et comment aimez-vous la déguster ? N’hésitez pas à partager vos expériences !

  • Apple face à ses démons : un air de déjà-vu ?

    Il y a quelque temps, je vous parlais de mon expérience avec les produits Apple, soulignant à quel point leur simplicité d’utilisation était pour moi un atout indéniable. Je mettais notamment en lumière la manière dont cette simplicité facilitait l’accès aux technologies pour les personnes handicapées, et plus particulièrement les aveugles, grâce à des fonctionnalités d’accessibilité exemplaires. Aujourd’hui, je souhaite aborder la marque à la pomme sous un angle plus général, car il me semble qu’Apple traverse une période délicate, loin de l’image d’innovation et de perfection qu’elle a longtemps projetée.

    L’actualité autour d’Apple est loin d’être idyllique. On parle de retard significatif dans le domaine de l’intelligence artificielle, un secteur pourtant crucial pour l’avenir de la tech. Des rumeurs persistantes évoquent des tensions au sein de la direction, un signe qui ne trompe généralement pas sur la santé interne d’une entreprise. Mais ce qui me frappe le plus, c’est cette prolifération de produits où le client peine à s’y retrouver. Trop de modèles d’iPhone, d’iPad, de Mac… La gamme est devenue tellement vaste qu’elle en perd sa clarté, et avec elle, la fameuse simplicité qui a fait le succès d’Apple.

    À cela s’ajoutent des bugs logiciels de plus en plus fréquents et une augmentation constante des prix, rendant les produits Apple moins accessibles et parfois frustrants à utiliser. On ne peut s’empêcher de noter que Tim Cook, bien qu’étant un maître incontesté de la finance et de la logistique, n’est pas un « homme de produit » à l’instar de son prédécesseur. Il excelle à faire rentrer l’argent chez Apple, mais la vision produit semble parfois s’en trouver diluée.

    Cette situation n’est pas sans rappeler une période sombre pour l’entreprise : les années 90. Avant le retour de Steve Jobs, Apple était une entreprise sans direction claire, produisant une multitude de produits qui diluaient son identité. On avait l’impression d’une marque qui cherchait son chemin, et le client en payait le prix.

    Certes, Apple est assise sur un trésor de guerre colossal. La firme dispose de réserves financières impressionnantes, de quoi voir venir, penseront certains. Mais l’argent ne fait pas tout, et l’histoire regorge d’exemples d’entreprises qui, malgré leur puissance financière, ont fini par chuter. Le cas de Nokia est à cet égard emblématique : autrefois leader incontesté de la téléphonie mobile, le géant finlandais n’a pas su prendre le virage du smartphone et a fini par disparaître des radars, malgré des années de domination et des ressources considérables.

    Alors, où va Apple ? La question est légitime. L’entreprise saura-t-elle retrouver son ADN d’innovation, sa simplicité légendaire et une direction claire ? Ou bien est-elle en train de suivre le chemin de géants déchus, victime de son succès et d’une certaine complaisance ? L’avenir nous le dira, mais une chose est sûre : les prochains mois seront décisifs pour la marque à la pomme.

    Et vous, quel est votre avis sur la situation actuelle d’Apple ?



  • iOS 18.5 : Correction de dernière minute des contrôles multimédias pour les utilisateurs aveugles – Des tests d’accessibilité Apple toujours perfectibles

    Lors de mes tests sur une des dernières versions bêta, j’avais constaté un problème pour le moins critique : les commandes de lecture sur l’écran verrouillé et dans le Centre de contrôle semblaient avoir tout bonnement disparu pour VoiceOver. Une régression inacceptable qui aurait grandement compliqué l’utilisation quotidienne pour de nombreux utilisateurs aveugles.

    Face à cette découverte alarmante, j’ai immédiatement agi avec la plus grande rapidité . J’ai non seulement fait un bug report détaillé via l’Assistant d’évaluation, cet outil censé nous aider à remonter les problèmes rencontrés lors de nos tests de versions bêta, mais j’ai également tenu à alerter directement Apple en envoyant un mail à accessibility@apple.com. L’approche de la version Release Candidate laissait craindre le pire, et je me disais qu’une correction à ce stade semblait malheureusement compromise. Il faut dire la vérité : l’accessibilité chez Apple tombe en ruine. Il n’y a plus de tests dignes de ce nom, et ce sont les clients, qui paient leurs appareils à prix d’or, qui se retrouvent à faire le travail de contrôle qualité !

    Et bien, contre toute attente, quelle « agréable » surprise ! La version finale d’iOS 18.5, déployée ce 12 mai, arbore un numéro de build distinct de la Release Candidate. Et la nouvelle, ironiquement réjouissante, c’est que le problème des commandes de lecture avec VoiceOver que j’avais constaté a finalement été corrigé ! Une correction de dernière minute qui, visiblement, aurait dû être évitée si des tests d’accessibilité sérieux étaient encore effectués en interne.

    Ce correctif de dernière heure est un maigre soulagement, et il met en lumière, une fois de plus, l’abandon progressif de l’accessibilité par Apple. Il est inacceptable que ce soient aux utilisateurs de signaler les problèmes majeurs, après avoir investi des sommes considérables dans leurs produits. Espérons que cet énième incident sonnera enfin l’alarme et que les prochaines mises à jour témoigneront d’un véritable engagement pour une accessibilité qui ne soit plus reléguée au statut de variable.

  • Une journée avec Cédric Fardel : « Ces applications, ce sont mes yeux »

    (Article paru Dans le périodique d’information interne du service où je travaille.)

    Testeur en accessibilité à la DGNSI, Cédric Fardel, non-voyant, raconte le rôle de la technologie dans son quotidien, au travail comme dans ses loisirs.
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    Le contact facile, une canne et de l’organisation permettent à Cédric Fardel de regarder ce que ses yeux ne voient pas. Mais pour compléter l’humain et la débrouille, celui qui est totalement aveugle depuis l’âge de 4 ans fait appel à la technologie.
    Et il s’y connaît, lui qui travaille à la DGNSI depuis dix-huit ans, et qui a intégré l’équipe cyber en 2018 comme testeur en accessibilité. Cédric Fardel intervient au tout début de la chaîne de développement : tous les composants web de la cyberadministration et du site vd.ch passent par son… œil de lynx. « Je dois les valider selon une procédure d’évaluation rigoureuse qui garantisse leur conformité par rapport aux normes d’accessibilité. L’objectif est de veiller à offrir une expérience utilisateur optimale pour tous, quelles que soient leurs capacités. »

    La tech au boulot, mais aussi à la maison et pour ses loisirs. Voici la journée-type d’un geek heureux de l’être.
    Le lever. Pour choisir un t-shirt, retrouver le tube de dentifrice tombé par terre, lire la date de péremption d’un yoghourt ou la notice d’un médicament, il arrive parfois à Cédric de devoir activer la caméra du smartphone et l’application Be My Eyes : « Ce sont des appels vidéo qui nous mettent en relation avec des volontaires voyants du monde entier. L’appel les cible selon leur localisation et leur disponibilité, explique Cédric Fardel. L’interlocuteur guide alors ma caméra et me décrit ou me lit ce qu’il voit. Si l’on veut obtenir une description rapide sans faire appel à un volontaire, une fonctionnalité intégrée – Be My AI – utilise l’intelligence artificielle pour analyser l’image de la caméra et en faire une description vocale. »

    Le trajet au bureau. S’il n’y a pas d’imprévu, Cédric se passe de technologie pour se rendre à Longemalle. Train, bus, marche, ascenseur : il peut compter sur sa concentration, mais aussi ses collègues, qui par ailleurs se relaient pour lui acheter un repas de midi. Il souligne « combien leur gentillesse, leur bienveillance et leur attention sont incroyables ! »
    Au bureau. Au premier coup d’œil, le bureau de Cédric est identique à tous les postes de travail de la DGNSI. Si ce n’est qu’il est équipé d’un clavier en braille et d’un lecteur d’écran relié à son oreillette. « L’outil indispensable des personnes atteintes de déficiences visuelles », précise Cédric, qui décrit avec enthousiasme « un logiciel qui me permet d’interagir avec des ordinateurs et des smartphones. Le lecteur interprète le code et le contenu d’une page web ou d’une application, et me transmet ces informations via une voix de synthèse ou un afficheur braille. Grâce à de tels outils, les personnes aveugles ou malvoyantes peuvent naviguer sur le web, lire des documents, envoyer des e-mails, etc. », explique Cédric Fardel.
    Le soir. Après sa journée de travail, Cédric Fardel continue de mettre son expertise au service des utilisateurs handicapés. « Je suis de près l’actualité des nouveautés, je teste les versions beta et, par des canaux ad hoc et des outils spécifiques, je signale les bugs aux constructeurs, voire leur propose d’autres solutions. Mes connaissances des technologies d’assistance facilitent autant mon travail que ma vie personnelle. »
    Cédric apporte aussi sa contribution régulière comme podcasteur sur oxytude.org, un site web qui traite de l’actualité liée à l’accessibilité des outils informatiques et des nouvelles technologies pour les aveugles et malvoyants. Enfin pour ses coups de cœur ou de griffe personnels sur cette thématique, il tient toujours son blog cfardel.net, qu’il a créé à l’âge de 14 ans ! En-dehors de l’informatique, Cédric s’offre des loisirs plus ludiques : « J’aime le rock, le metal, les sorties entre potes et les balades dans la nature. »
    De caractère joyeux et positif, Cédric Fardel a toujours su trier et prendre le bon dans l’évolution technologique, lui qui, au quotidien, en oublie son handicap : « Je n’y pense pas, comme ceux qui voient ne pensent pas au fait qu’ils voient. »

    Ses trois outils clés

    1. Le PC. Cédric Fardel baigne dans l’environnement informatique depuis son adolescence. Il reçoit son premier ordinateur à 13 ans, comme tous ses camarades de classe. C’est le début d’une vraie passion, « que j’aurais eue même sans mon handicap », précise-t-il. D’ailleurs c’est aussi une affaire de famille chez les Fardel : les deux frères de Cédric travaillent dans l’informatique également. Avant de conquérir sa vie d’informaticien, le PC commence par élargir l’horizon du jeune fan de musique qu’il était déjà adolescent.

    2. L’iPhone. Le smartphone a changé sa vie de non-voyant : « Son arrivée a marqué un tournant majeur pour nous. Grâce à son interface intuitive et aux lecteurs d’écran intégrés comme VoiceOver (sur iPhone) et TalkBack (sous Android), un nouveau monde de possibilités s’est ouvert à nous. D’un simple toucher, nous pouvons naviguer sur l’écran, lire des textes, envoyer des messages et bien plus encore. » Et Cédric de citer également les GPS vocaux ou les outils de reconnaissance d’objets, autant d’applications spécialement conçues pour les aveugles, et qui performent surtout sur l’iPhone : « Pour nous, entre Androïd et Apple, c’est comme entre Fiat et Ferrari », explique Cédric, qui a évidemment tout testé. « En tout cas, les smartphones sont devenus de véritables assistants personnels. »

    3. Les lunettes connectées. Cédric suit de près les progrès de cette nouvelle technologie pour avoir toutes les cartes en main le jour où il fera peut-être le pas de s’équiper : « Les lunettes de Meta peuvent analyser l’environnement en temps réel et fournir des informations vocales à l’utilisateur. Elles pourraient révolutionner le quotidien des aveugles. Mais attention, je ne voudrais pas une appli qui risque d’envoyer des données ou des visages sur internet », précise le testeur de l’équipe cyber qui garde les bons réflexes.

  • Apple Care Plus et problèmes d’accessibilité : mon expérience décevante

    En tant qu’utilisateur de longue date des produits Apple, j’ai toujours apprécié l’engagement de l’entreprise envers l’accessibilité. C’est pourquoi j’ai souscrit à l’Apple Care Plus pour mon Mac, en espérant bénéficier d’une assistance de qualité en cas de problème. Malheureusement, mon expérience récente avec le support Apple a été loin de mes attentes, notamment en ce qui concerne les problèmes d’accessibilité avec macOS.

    macOS 15 : une mise à jour que j’ai préféré éviter après avoir testé les versions bêta et fait des retours de bugs

    Lors de la sortie de macOS 15, j’ai suivi avec attention les retours des utilisateurs, notamment ceux qui rencontraient des problèmes d’accessibilité avec VoiceOver, le lecteur d’écran intégré d’Apple. J’ai même testé tout le cycle de versions bêta de macOS 15, depuis la présentation initiale, et j’ai fait des retours de bugs à Apple concernant les problèmes d’accessibilité que je rencontrais.

    Malheureusement, mes observations ont confirmé les difficultés rencontrées par de nombreux utilisateurs. Les problèmes concernaient notamment l’application Apple Music, qui était inutilisable avec VoiceOver, la navigation dans le Dock, qui était devenue très difficile, et la navigation rapide, qui posait également des problèmes. Ces problèmes, s’ils n’étaient pas résolus, rendraient difficile l’utilisation de mon Mac.

    Étant donné ces problèmes persistants, et malgré mes retours de bugs, j’ai préféré ne pas effectuer la mise à jour vers macOS 15 et rester sur macOS 14, en espérant une résolution rapide de ces problèmes d’accessibilité.

    macOS 14 : des difficultés de mise à jour persistantes

    Malheureusement, même sur macOS 14, j’ai rencontré des difficultés pour installer les mises à jour. En effet, bien que le bouton de mise à jour pour macOS 14 soit visible par VoiceOver, il m’est impossible de cliquer dessus. L’interface de mise à jour logicielle me propose de passer à macOS 15, il y a donc un bug d’accessibilité. Par ce moyen je ne peux donc pas mettre à jour le système. Heureusement j’ai pu trouver une autre solution. J’ai passé par le mac appstore, et j’ai téléchargé la mise à jour complète de macos 14.

    Un appel au support Apple infructueux

    J’ai donc contacté l’assistance Apple en expliquant les problèmes que je rencontrais. Malheureusement, l’équipe de support n’a pas été en mesure de m’aider. Pire encore, j’ai eu l’impression que mes préoccupations concernant les problèmes d’accessibilité n’étaient pas prises au sérieux. On m’a même laissé entendre que je mentais sur l’existence de ces problèmes, ce qui était profondément décevant.

    Conclusion : un manque de considération pour les personnes handicapées

    Mon expérience avec l’Apple Care Plus a été extrêmement décevante. Non seulement je n’ai pas reçu l’aide dont j’avais besoin, mais j’ai également eu l’impression que mes problèmes d’accessibilité étaient minimisés, voire niés. Il est regrettable de constater un tel manque de considération pour les personnes handicapées de la part d’une entreprise qui se targue de son engagement en faveur de l’accessibilité.

    J’espère que mon témoignage permettra de sensibiliser Apple à l’importance de prendre au sérieux les problèmes d’accessibilité et d’offrir un support adapté aux personnes handicapées.

  • Édito : Les Limites du Développement en Sprint, un Frein à l’Accessibilité

    Le développement en sprint, une méthodologie prisée dans le monde de la tech, est souvent loué pour sa capacité à accélérer la livraison de produits et de fonctionnalités. Toutefois, derrière cette efficacité apparente se cachent des écueils notables, en particulier lorsqu’il s’agit d’accessibilité.
    L’objectif de cet édito est de mettre en lumière les conséquences négatives de cette approche, notamment en matière de bugs et de qualité globale du produit.

    La Précipitation : Ennemi de la Perfection

    La méthodologie du sprint repose sur des cycles de travail courts, généralement de deux à quatre semaines, durant lesquels les équipes doivent produire des versions fonctionnelles du logiciel. Si cette cadence rapide permet d’avancer rapidement, elle favorise aussi une culture de la précipitation. Les développeurs, sous pression constante, peuvent être tentés de contourner les tests rigoureux pour respecter les délais. Cette approche conduit inévitablement à l’accumulation de bugs qui compromettent la stabilité du produit.

    Accessibilité : La Grande oubliée

    L’accessibilité, un aspect crucial du développement logiciel, est souvent sacrifiée sur l’autel de la vitesse. Intégrer des fonctionnalités d’accessibilité demande du temps et une attention particulière, deux éléments souvent en contradiction avec le rythme effréné des sprints. En conséquence, les produits livrés sont fréquemment impraticables pour les utilisateurs handicapés des éléments essentiels comme les descriptions alternatives pour les images, les contrastes de couleur adéquats, et la navigation clavier, sont négligés.

    La Frustration des Utilisateurs

    Les bugs, inévitables dans une telle méthode, touchent tous les utilisateurs, mais ils sont particulièrement pénalisants pour ceux qui dépendent des fonctionnalités d’accessibilité. Les utilisateurs handicapés sont alors confrontés à des obstacles supplémentaires qui pourraient être évités avec une approche plus réfléchie. Cette frustration non seulement aliene ces utilisateurs, mais nuit aussi à la réputation de l’entreprise et à la fidélité de la clientèle.

    Une Réflexion Nécessaire

    Il est impératif de repenser l’application stricte des sprints dans le développement logiciel. Une intégration plus souple et consciente de l’accessibilité doit être envisagée. Cela pourrait passer par des sprints dédiés exclusivement aux tests d’accessibilité et à la correction des bugs, ou par l’extension des cycles pour permettre une vérification plus approfondie de chaque fonctionnalité.

    Le développement en sprint, bien que séduisant par sa rapidité apparente, montre ses limites dès qu’il s’agit de livrer des produits de qualité, accessibles à tous. Pour une véritable innovation D’intégration., il est temps de réévaluer nos priorités et de placer l’accessibilité au cœur du processus de développement. Une approche plus équilibrée, moins dictée par la précipitation et plus par la qualité, bénéficiera à tous les utilisateurs, sans exception.
    Joyeux Noël,
    Cédric

  • Éditorial : Apple et l’accessibilité : les promesses non tenues

    En tant qu’utilisateur Apple depuis près de 15 ans, j’ai toujours été séduit par l’accessibilité de leurs produits, en particulier de l’iPhone. La marque propose des expériences utilisateur fluides et personnalisées pour tous. Chaque année, de nouvelles fonctionnalités d’accessibilité viennent enrichir l’écosystème Apple pour les handicapés.

    Cependant, derrière cette façade vertueuse se cache une réalité plus complexe. Si Apple met en avant l’accessibilité de ses produits, force est de constater que la réalité sur le terrain est bien différente. Les bugs sont légion et leur correction tarde souvent à venir, compromettant ainsi l’expérience utilisateur, surtout pour ceux qui dépendent le plus de ces fonctionnalités d’accessibilité.

    Il est paradoxal de voir une entreprise qui met tant d’emphase sur l’accessibilité être aussi lente à réagir lorsqu’il s’agit de corriger des problèmes qui affectent directement l’accessibilité de ses produits. Apple devrait corriger les bugs d’accessibilité avec autant de rapidité que les failles de sécurité.

    Certains pourraient me suggérer de passer à Android, un système d’exploitation qui a fait d’énormes progrès en matière d’accessibilité. Cependant, l’écosystème Apple offre un confort d’utilisation et une intégration entre les différents appareils que je ne suis pas prêt à abandonner. Il est frustrant de constater que l’entreprise qui a su me séduire par son attention portée à l’accessibilité ne parvient pas à tenir ses promesses.

    Apple a une responsabilité envers ses utilisateurs, et plus particulièrement envers ceux qui dépendent de ses produits pour vivre au quotidien. Il est temps que l’entreprise mette ses actes en conformité avec ses discours et accorde à l’accessibilité toute l’attention qu’elle mérite.