Catégorie : Ma vie

  • La Fée Verte : Un Apéritif à Redécouvrir

    Je suis ravi de partager ma passion pour une boisson qui a traversé les âges, défié les interdits et conservé son aura mystérieuse : l’absinthe. Pour ma part, elle est souvent l’invitée d’honneur de mes apéritifs, et j’aime à la déguster dans les règles de l’art. Si vous aussi êtes curieux de percer les secrets de la Fée Verte, suivez le guide !


    D’où vient l’absinthe ? Ses origines suisses

    Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’absinthe n’est pas née dans les cafés parisiens du XIXe siècle, mais bien ici, en Suisse ! C’est dans le paisible Val-de-Travers, dans le canton de Neuchâtel, que cette boisson emblématique a vu le jour à la fin du XVIIIe siècle. La légende attribue sa création au Dr Pierre Ordinaire, un médecin français émigré, ou à Marguerite Henriette Henriod, qui aurait mis au point la première recette comme un élixir médicinal. Quoi qu’il en soit, le Val-de-Travers est sans conteste le berceau de l’absinthe, et la région continue d’être un haut lieu de sa production.

    L’absinthe est un spiritueux obtenu par la distillation d’une macération de plantes, dont la grande absinthe (Artemisia absinthium), l’anis vert et le fenouil sont les principaux ingrédients, souvent complétés par d’autres herbes comme l’hysope, la mélisse ou l’angélique. C’est cette combinaison unique qui lui confère son goût si distinctif et ses arômes complexes.


    Le rituel de dégustation : L’art de « louche » l’absinthe

    Déguster l’absinthe est bien plus qu’un simple acte de boire ; c’est un véritable rituel, une expérience sensorielle et visuelle qui révèle toute la subtilité de cette boisson. Oubliez les clichés du sucre flambé, popularisé par les discothèques tchèques dans les années 90 pour le spectacle, mais qui altère le goût. La méthode traditionnelle est la plus élégante et la plus respectueuse de l’absinthe :

    1. Le verre et la cuillère (optionnel) : Versez une mesure d’absinthe (environ 2 à 4 cl) dans un verre à absinthe traditionnel. Si vous le souhaitez, placez une cuillère à absinthe perforée sur le rebord du verre, et déposez-y un morceau de sucre. Notez que l’ajout de sucre n’est pas obligatoire ; de nombreuses absinthes sont délicieuses sans, et de plus en plus de dégustations se font sans cette étape pour apprécier l’amertume et les arômes bruts de la plante.
    2. La fontaine ou la carafe d’eau glacée : L’étape cruciale est l’ajout lent de l’eau. Idéalement, utilisez une fontaine à absinthe qui permet un goutte-à-goutte régulier. À défaut, une carafe d’eau glacée (sans glaçons directement dans le verre, pour ne pas « anesthésier » les saveurs) fera l’affaire.
    3. Le « louche » : Laissez l’eau s’écouler très lentement. Si vous utilisez du sucre, l’eau le dissout avant de tomber dans l’absinthe. C’est à ce moment que la magie opère : l’absinthe se trouble progressivement, passant d’un vert limpide à un blanc laiteux, presque opalescent. Ce phénomène, appelé « louche », est dû à la libération des huiles essentielles des plantes qui, insolubles dans l’eau, forment une émulsion. C’est le signe d’une absinthe de qualité !
    4. La dilution : Continuez d’ajouter de l’eau jusqu’à obtenir une dilution d’environ 3 à 5 volumes d’eau pour 1 volume d’absinthe, selon vos préférences. Une fois le sucre dissous (si utilisé) et la louche formée, mélangez délicatement avec la cuillère.

    Notes de dégustation : Le goût de l’absinthe est unique. Vous découvrirez des arômes anisés prononcés, mais aussi des notes herbacées, florales et parfois légèrement amères, équilibrées par la douceur du sucre si vous avez choisi d’en ajouter. Chaque absinthe a son caractère propre, allant du plus doux et sucré au plus fort et herbacé.


    L’interdiction en Suisse : Un passé mouvementé

    L’absinthe a connu un succès fulgurant au XIXe siècle, devenant la boisson préférée des artistes et des intellectuels, mais aussi un apéritif populaire. Cependant, sa forte teneur en alcool et son association avec certains troubles sociaux ont conduit à sa stigmatisation.

    En Suisse, l’interdiction de l’absinthe est intervenue en 1910, suite à une votation populaire en 1908. Plusieurs facteurs ont contribué à cette décision :

    • Le « mythe de l’absinthisme » : On attribuait à l’absinthe des effets psychoactifs et hallucinogènes, bien au-delà de ceux de l’alcool seul. La thuyone, une substance présente dans la grande absinthe, était pointée du doigt comme la cause de folie et de violence. Des études ultérieures ont largement démontré que les effets de l’absinthe n’étaient pas plus dangereux que ceux d’autres spiritueux, et que les accusations étaient souvent exagérées ou liées à des cas d’alcoolisme sévère.
    • Le drame de Lanfray : Un fait divers marquant, le « drame de Lanfray » en 1905, où un ouvrier agricole suisse a tué sa famille après avoir consommé de l’alcool, dont de l’absinthe, a servi de catalyseur à la campagne prohibitionniste. Bien qu’il ait aussi bu d’énormes quantités de vin et de brandy, l’absinthe fut désignée comme le bouc émissaire.
    • Le mouvement de tempérance et les intérêts économiques : Le mouvement de tempérance, prônant la sobriété, a trouvé dans l’absinthe une cible facile. Par ailleurs, les viticulteurs et les producteurs d’autres alcools voyaient d’un mauvais œil le succès grandissant de l’absinthe, qui concurrençait leurs produits.

    Malgré l’interdiction, la production d’absinthe a perduré clandestinement dans le Val-de-Travers pendant près d’un siècle, témoignant de l’attachement à cette tradition. Heureusement, la Suisse a levé l’interdiction le 1er mars 2005, permettant à la Fée Verte de retrouver sa place légitime dans le paysage des spiritueux.


    Aujourd’hui, l’absinthe est de nouveau célébrée pour sa richesse aromatique et son histoire fascinante. Si vous n’avez pas encore eu l’occasion de vous initier à ses charmes, je vous invite vivement à tenter l’expérience. Vous pourriez bien découvrir votre nouvel apéritif préféré !

    Découvrez les distillateurs du Val-de-Travers

    Pour explorer davantage le monde de l’absinthe et soutenir les producteurs locaux, voici quelques distilleries qui perpétuent la tradition dans le Val-de-Travers :

    Et vous, quelle est votre absinthe préférée et comment aimez-vous la déguster ? N’hésitez pas à partager vos expériences !

  • Une journée avec Cédric Fardel : « Ces applications, ce sont mes yeux »

    (Article paru Dans le périodique d’information interne du service où je travaille.)

    Testeur en accessibilité à la DGNSI, Cédric Fardel, non-voyant, raconte le rôle de la technologie dans son quotidien, au travail comme dans ses loisirs.
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    Le contact facile, une canne et de l’organisation permettent à Cédric Fardel de regarder ce que ses yeux ne voient pas. Mais pour compléter l’humain et la débrouille, celui qui est totalement aveugle depuis l’âge de 4 ans fait appel à la technologie.
    Et il s’y connaît, lui qui travaille à la DGNSI depuis dix-huit ans, et qui a intégré l’équipe cyber en 2018 comme testeur en accessibilité. Cédric Fardel intervient au tout début de la chaîne de développement : tous les composants web de la cyberadministration et du site vd.ch passent par son… œil de lynx. « Je dois les valider selon une procédure d’évaluation rigoureuse qui garantisse leur conformité par rapport aux normes d’accessibilité. L’objectif est de veiller à offrir une expérience utilisateur optimale pour tous, quelles que soient leurs capacités. »

    La tech au boulot, mais aussi à la maison et pour ses loisirs. Voici la journée-type d’un geek heureux de l’être.
    Le lever. Pour choisir un t-shirt, retrouver le tube de dentifrice tombé par terre, lire la date de péremption d’un yoghourt ou la notice d’un médicament, il arrive parfois à Cédric de devoir activer la caméra du smartphone et l’application Be My Eyes : « Ce sont des appels vidéo qui nous mettent en relation avec des volontaires voyants du monde entier. L’appel les cible selon leur localisation et leur disponibilité, explique Cédric Fardel. L’interlocuteur guide alors ma caméra et me décrit ou me lit ce qu’il voit. Si l’on veut obtenir une description rapide sans faire appel à un volontaire, une fonctionnalité intégrée – Be My AI – utilise l’intelligence artificielle pour analyser l’image de la caméra et en faire une description vocale. »

    Le trajet au bureau. S’il n’y a pas d’imprévu, Cédric se passe de technologie pour se rendre à Longemalle. Train, bus, marche, ascenseur : il peut compter sur sa concentration, mais aussi ses collègues, qui par ailleurs se relaient pour lui acheter un repas de midi. Il souligne « combien leur gentillesse, leur bienveillance et leur attention sont incroyables ! »
    Au bureau. Au premier coup d’œil, le bureau de Cédric est identique à tous les postes de travail de la DGNSI. Si ce n’est qu’il est équipé d’un clavier en braille et d’un lecteur d’écran relié à son oreillette. « L’outil indispensable des personnes atteintes de déficiences visuelles », précise Cédric, qui décrit avec enthousiasme « un logiciel qui me permet d’interagir avec des ordinateurs et des smartphones. Le lecteur interprète le code et le contenu d’une page web ou d’une application, et me transmet ces informations via une voix de synthèse ou un afficheur braille. Grâce à de tels outils, les personnes aveugles ou malvoyantes peuvent naviguer sur le web, lire des documents, envoyer des e-mails, etc. », explique Cédric Fardel.
    Le soir. Après sa journée de travail, Cédric Fardel continue de mettre son expertise au service des utilisateurs handicapés. « Je suis de près l’actualité des nouveautés, je teste les versions beta et, par des canaux ad hoc et des outils spécifiques, je signale les bugs aux constructeurs, voire leur propose d’autres solutions. Mes connaissances des technologies d’assistance facilitent autant mon travail que ma vie personnelle. »
    Cédric apporte aussi sa contribution régulière comme podcasteur sur oxytude.org, un site web qui traite de l’actualité liée à l’accessibilité des outils informatiques et des nouvelles technologies pour les aveugles et malvoyants. Enfin pour ses coups de cœur ou de griffe personnels sur cette thématique, il tient toujours son blog cfardel.net, qu’il a créé à l’âge de 14 ans ! En-dehors de l’informatique, Cédric s’offre des loisirs plus ludiques : « J’aime le rock, le metal, les sorties entre potes et les balades dans la nature. »
    De caractère joyeux et positif, Cédric Fardel a toujours su trier et prendre le bon dans l’évolution technologique, lui qui, au quotidien, en oublie son handicap : « Je n’y pense pas, comme ceux qui voient ne pensent pas au fait qu’ils voient. »

    Ses trois outils clés

    1. Le PC. Cédric Fardel baigne dans l’environnement informatique depuis son adolescence. Il reçoit son premier ordinateur à 13 ans, comme tous ses camarades de classe. C’est le début d’une vraie passion, « que j’aurais eue même sans mon handicap », précise-t-il. D’ailleurs c’est aussi une affaire de famille chez les Fardel : les deux frères de Cédric travaillent dans l’informatique également. Avant de conquérir sa vie d’informaticien, le PC commence par élargir l’horizon du jeune fan de musique qu’il était déjà adolescent.

    2. L’iPhone. Le smartphone a changé sa vie de non-voyant : « Son arrivée a marqué un tournant majeur pour nous. Grâce à son interface intuitive et aux lecteurs d’écran intégrés comme VoiceOver (sur iPhone) et TalkBack (sous Android), un nouveau monde de possibilités s’est ouvert à nous. D’un simple toucher, nous pouvons naviguer sur l’écran, lire des textes, envoyer des messages et bien plus encore. » Et Cédric de citer également les GPS vocaux ou les outils de reconnaissance d’objets, autant d’applications spécialement conçues pour les aveugles, et qui performent surtout sur l’iPhone : « Pour nous, entre Androïd et Apple, c’est comme entre Fiat et Ferrari », explique Cédric, qui a évidemment tout testé. « En tout cas, les smartphones sont devenus de véritables assistants personnels. »

    3. Les lunettes connectées. Cédric suit de près les progrès de cette nouvelle technologie pour avoir toutes les cartes en main le jour où il fera peut-être le pas de s’équiper : « Les lunettes de Meta peuvent analyser l’environnement en temps réel et fournir des informations vocales à l’utilisateur. Elles pourraient révolutionner le quotidien des aveugles. Mais attention, je ne voudrais pas une appli qui risque d’envoyer des données ou des visages sur internet », précise le testeur de l’équipe cyber qui garde les bons réflexes.

  • De retour sur le site !

    Bonjour à tous !

    Cela fait un petit moment que je n’ai pas donné de nouvelles par ici. J’ai donc décidé de prendre un petit moment pour vous donner quelques nouvelles.

    1. Retraite de mon chien

    depuis novembre 2023, ma chienne est partie à la retraite. C’était nécessaire pour son bien-être. Pour le moment, je n’ai pas l’intention de reprendre un autre chien guide.

    2. Travail au service informatique du canton de Vaud

    Je continue à travailler au service informatique du canton de Vaud, où je suis en charge de divers projets en lien avec l’accessibilité numérique.

    3. Manque d’inspiration pour le site

    J’ai bien l’intention d’écrire un peu plus sur ce site, mais j’avoue que je manque un peu d’inspiration ces derniers temps. J’aimerais vous parler de sujets qui vous intéressent et qui vous sont utiles. N’hésitez donc pas à me faire part de vos idées dans les commentaires !

    4. Be My Eyes et ChatGPT 4

    Parmi les sujets qui me tiennent à cœur, il y a l’application Be My Eyes. Cette application permet aux personnes aveugles ou malvoyantes de se connecter à des volontaires voyants qui peuvent les aider à réaliser des tâches quotidiennes. Avec l’arrivée de ChatGPT 4, et plus particulièrement de ChatGPT 4O, je pense que Be My Eyes peut encore évoluer et devenir encore plus utile.

    5. Podcast Hebdoxytude

    Vous pouvez également me retrouver régulièrement sur le site ,

    oxytude.org

    dans le podcast Hebdoxytude. Cet hebdomadaire, qui paraît tous les vendredis, traite des dernières nouvelles en matière de technologies d’accessibilité numérique.

    En conclusion

    N’hésitez pas à me laisser des commentaires pour me saluer et m’informer si vous lisez toujours le site !

    P.S. : N’oubliez pas de vous abonner au podcast

    oxytude.org

    pour ne manquer aucune actualités en matière d’accessibilité numérique !

  • Aveugles autonomes avec les impôts

    photo d'illustration Cédric devant son ordinateur. Son chien est assis à sa gauche.

    Les personnes handicapées comme les malvoyants doivent pouvoir utiliser la cyberadministration

    «Ce n’est pas évident, ça dépend un peu de chacun, mais on peut apprendre.» Cédric Fardel et sa chienne Zora ont presque volé la vedette hier au conseiller d’Etat Pascal Broulis lors d’une conférence de presse sur la fiscalité. La raison est à la fois simple et sans doute extraordinaire pour le grand public: comment remplir une modification d’acomptes électronique lorsque l’on est aveugle?

    Aujourd’hui, l’administration fiscale se veut inclusive et doit fournir la possibilité aux personnes aveugles ou malvoyantes d’être autonomes.
    Cédric Fardel, qui est testeur à la Direction générale du numérique et des systèmes d’information (DGNSI), en fait la démonstration: en quelques minutes, il a rempli son document grâce à un synthétiseur vocal. Seule difficulté rencontrée et passagère, le système demandait une mise à jour rapide.

    Codirectrice du marketing et de la communication de l’Union centrale suisse pour le bien des aveugles (UCBA), Carol Lagrange salue «cette démarche inclusive», rappelant que 377 000 personnes souffrent en Suisse d’un handicap visuel.

    Côté fribourgeois, on précise à La Liberté qu’une telle prestation n’est pas disponible pour le moment. Il faudra attendre que le Service des contributions soit inclus dans le guichet unique. ’est une thématique importante qui n’est pas mise de côté, souligne-t-on.

    Pour Pascal Broulis, l’exemple donné hier illustre la volonté d’une administration fiscale accessible et inclusive, qui e entretient le contact avec tous ses contribuables par le maximum de canaux possible. A tel point qu’un Vaudois mécontent de ses acomptes en a fait part par message électronique encore le 31 décembre 2020 à 22 h 41. Ouvert 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, comme l’a répété le grand argentier.

    L’Administration cantonale des impôts (ACI) n’a été fermée l’an dernier que quelques heures à cause de la pandémie. «C’est fondamental que les gens puissent être taxés, que le travail se poursuive», affirme-t-il. Et le Covid–19 aidant, le besoin de contacts a été très manifeste: le centre d’appels téléphoniques a reçu plus de 220 000 appels et courriels, alors que 52 000 contribuables se sont pressés au guichet et que les e-prestations sont en hausse constante. «Tout l’arsenal électronique a été développé et cela fonctionne plutôt bien», selon le responsable. Les dépôts de déclarations d’impôts sous forme papier sont en recul constant et atteignent le chiffre de 122 000 en 2019, contre 342 000 en version électronique.

    Dans le contexte très particulier de la pandémie, le chef du Département des finances a fait part de ses premières observations, soulignant l’importance de la déclaration d’impôts (DI) pour l’obtention également d’autres prestations, comme le dispositif d’aides aux établissements contraints à la fermeture.
    La DI, c’est une carte d’identité secrète: «La vie de chacun n’appartient à personne», selon Pascal Broulis.

    Crise conjoncturelle

    Les services fiscaux s’interrogeaient sur une éventuelle forte hausse des demandes de modification d’acomptes à cause du virus et de ses répercussions économiques. «Il y en a eu un peu plus, soit 20% de plus l’an dernier que par rapport à 2019, mais ça va. Il faut tout faire pour que la crise pandémique conjoncturelle actuelle ne devienne pas structurelle», a martelé le ministre. Il n’y a pas de retard non plus dans le paiement des acomptes.
    Ce qui l’inquiète en revanche, ce sont d’éventuelles provisions Covid de la part des indépendants et entreprises. Pour 2019, les demandes ont été balayées car jugées non légales. Mais pour 2020, c’est possible et l’enjeu, selon des modélisations, pourrait tourner autour de 270 millions de francs (canton-communes).

    Interview de Carol Lagrange Codirectrice du marketing et de la communication de l’UCBA (Union centrale suisse pour le bien des aveugles)

    Quelle est l’importance de cette prestation?

    Réponse de Carol Lagrange: Elle démontre la capacité d’être autonome pour une personne malvoyante ou aveugle. Au lieu de devoir remplir sa déclaration avec l’aide de quelqu’un, elle peut le faire elle-même. Et on sait qu’une déclaration d’impôts ou une modification d’acomptes, c’est quelque chose d’assez confidentiel.

    D’autres prestations se développent-elles dans ce genre?

    Réponse : Le gros sujet actuellement, c’est le droit de vote électronique. Ça reste polémique, mais cela permettrait effectivement aux personnes aveugles et malvoyantes d’avoir davantage d’autonomie et d’exercer leurs droits politiques seules. Des associations s’occupent de fournir les équipements nécessaires, avec les lecteurs d’écran, les synthèses vocales. Grâce à ces dispositifs, vous pouvez remplir les documents.

    Est-ce vraiment à la portée de chacun?

    Réponse : C’est faisable. Cela dépend des compétences techniques. Mais des cours sont donnés aux personnes aveugles ou malvoyantes.

    C’est également une question d’âge?

    Réponse : Il est vrai que l’âge peut jouer un rôle. Les trois quarts des personnes concernées sont quand même âgées, donc la question de l’utilisation d’internet est un sujet. Mais il faut saluer cette initiative de faire des sites accessibles. Des personnes malvoyantes ont besoin d’agrandisseurs d’écrans avec des contrastes de couleur marqués.

    Source la liberté,Aveugles autonomes avec les impôts

  • Accessibilité des prestations fiscales en ligne dans le canton de Vaud

    Le 18 janvier 2021, la Direction générale de la fiscalité du canton de Vaud a tenu Un point presse J’ai effectué une démonstration de comment modifier ses accomptes en ligne à l’aide d’un lecteur d’écran et d’un afficheur braille.
    Dans le Journal du 18 janvier 2021 – Radar vaudois – de La Télé? à partir de 7 minutes et 50 secondes j’explique quelques points pour rendre une prestation accessible aux aveugles.

  • Site internet de l’Etat: les malvoyants doivent pouvoir s’y retrouver

    Les bâtiments de l’administration doivent être physiquement accessibles aux personnes handicapées. Il en va de même des quelque 20’000 pages et 7000 news du site internet de l’Etat de Vaud. C’est un travail de tous les instants, qui incombe aux contributeurs et contributrices web de l’Etat.
    (suite…)

  • LE PARI

    Un article me concernant dans le matin bleu, un ancien journal quotidien gratuit qui n’existe plus.

    AVEUGLE. Cédric Fardel, 19 ans, travaille au service informatique de l’Etat de Vaud, dans le cadre du projet «Accessibilité». Son rôle? S’assurer que le site www.vd.ch soit accessible aux personnes handicapées: non-voyants, handicapés moteur, etc. «Je suis passionné d’informatique depuis mes 13 ans, j’ai découvert cela lorsque l’école a installé des ordinateurs.»

    Actuellement en stage de trois mois à Lausanne, l’Yverdonnois suit les cours de l’Organisation romande pour l’intégration professionnelle des personnes handicapées (ORIPH).
    Son ordinateur ressemble à n’importe quel autre, avec un écran et un clavier normal. Un deuxième clavier traduit les textes informatiques en braille, ligne par ligne, 40 caractères au maximum par ligne. Une commande vocale explique le menu et les actions en cours.

    Cédric Fardel a ainsi ouvert un blog dans lequel il raconte son quotidien, sa cécité, son chien… «L’informatique, c’est ma passion et j’aimerais en faire mon métier, dans le support helpdesk.»
    Suite à une maladie d’enfance, il est devenu aveugle à 3 ans. «J’ai quelques volumes, ce qui est un avantage par rapport à un aveugle de naissance. Je me considère comme normal, j’ai des amis, je sors, je vais au cinéma…» Et il s’impatiente aussi lorsque son ordinateur est trop lent.
    Son chien, «Neptune», un labrador, l’accompagne partout. «Il m’aide beaucoup, mais je dois lui donner les ordres en italien pour qu’il comprenne.» .M. H

  • Dans le journal

    Si vous êtes Suisse et que vous lisez le journal gratuit le matin bleu j’y suis présent dans l’edition du 09 janvier 2008.

    Cédric

  • La cécité et moi

    Ce qui me plaît, c’est de mettre sur mon site des choses toujours nouvelles. On m’a dit que beaucoup de visiteurs pourraient apprécier que j’explique un
    peu comment je vis la cécité. Certains peuvent en effet se demander ce que signifie être aveugle.

    Atteint d’une vitréo-rétinopathie, j’ai vu très peu jusqu’à environ 3 ans et, depuis cet âge, il ne me reste plus qu’une très faible perception de la lumière.
    Pour moi, être aveugle est donc quelque chose de normal, d’habituel, et, pour être franc, je ne me pose pas de questions. Ca ne me gêne pas qu’on me parle
    du handicap, mais je n’y pense pas plus que la plupart des gens ne réfléchisse sur le fait d’y voir clair.

    Oh, je peux reconnaître que je regrette bien de ne pas pouvoir envisager de conduire une voiture, comme d’accomplir d’autres choses où la vue est indispensable.
    Un autre inconvénient, c’est pour les achats. Pour le pain, par exemple, s’il suffit de le demander à la boulangère, il en va tout autrement pour les vêtements
    ou les articles qu’on ne trouve que dans les grandes surfaces. Autre chose me manque aussi, c’est de ne pas pouvoir lire les panneaux dans les rues ou
    les inscriptions que vous rencontrez partout.

    Par ailleurs, je n’aime pas bien me retrouver parmi des gens qui regardent et se passent des photos, surtout quand ça dure longtemps.

    S’agissant de savoir comment on « voit » quand on est aveugle, si l’on est dans le noir, j’ai un peu de mal à expliquer la chose car je n’ai pas de point
    de comparaison. En tous cas, je ne vois pas le noir. Je parlerais plutôt d’une impression de clarté ou d’obscurité. Un ami également aveugle qui a cette
    même impression me dit qu’elle varie selon son humeur. S’il est de bonne humeur, l’impression est lumineuse ; s’il est d’humeur plus maussade, c’est l’obscurité
    qu’il perçoit.

    Enfin, je précise que je ne vis pas la cécité comme un drame, que je n’échangerais pas mon handicap contre un autre et que je considère donc qu’il y a toujours
    pire situation que la sienne.

    Maintenant, si vous vous posez des questions, n’hésitez pas à me contacter, ou à laisser un commentaire. Je tâcherai d’y répondre de mon mieux. Cela me permettra d’enrichir ce texte.

  • Cédric Fardel et neptune

    C’est un grand plaisir de brosser pour vous le portrait de Cédric,détenteur depuis avril 2006 du magnifique Labrador Retriever doré Neptune.
    (suite…)