Catégorie : Accessibilité

  • Accessibilité Apple : Oxytude interpelle la firme à la pomme

    Le site Oxytude.org, référence en matière d’accessibilité numérique pour les personnes aveugles et malvoyantes, a récemment publié une
    lettre ouverte adressée à Apple.

    Dans ce plaidoyer, l’équipe d’Oxytude dénonce la persistance de nombreux bugs d’accessibilité (VoiceOver, suivi du curseur, prononciation des grands nombres)
    qui entravent l’usage quotidien des produits Apple depuis plusieurs années. Malgré les retours constants des utilisateurs durant les phases bêta,
    ces problèmes restent trop souvent sans correction, impactant directement l’autonomie des utilisateurs handicapées.

    Nous vous invitons vivement à lire cette lettre et à la partager pour sensibiliser le plus grand nombre à cet enjeu majeur de l’intégration numérique.

    Lien vers l’article complet :

    Lettre ouverte à Apple – Oxytude.org

  • iOS 18.5 : Correction de dernière minute des contrôles multimédias pour les utilisateurs aveugles – Des tests d’accessibilité Apple toujours perfectibles

    Lors de mes tests sur une des dernières versions bêta, j’avais constaté un problème pour le moins critique : les commandes de lecture sur l’écran verrouillé et dans le Centre de contrôle semblaient avoir tout bonnement disparu pour VoiceOver. Une régression inacceptable qui aurait grandement compliqué l’utilisation quotidienne pour de nombreux utilisateurs aveugles.

    Face à cette découverte alarmante, j’ai immédiatement agi avec la plus grande rapidité . J’ai non seulement fait un bug report détaillé via l’Assistant d’évaluation, cet outil censé nous aider à remonter les problèmes rencontrés lors de nos tests de versions bêta, mais j’ai également tenu à alerter directement Apple en envoyant un mail à accessibility@apple.com. L’approche de la version Release Candidate laissait craindre le pire, et je me disais qu’une correction à ce stade semblait malheureusement compromise. Il faut dire la vérité : l’accessibilité chez Apple tombe en ruine. Il n’y a plus de tests dignes de ce nom, et ce sont les clients, qui paient leurs appareils à prix d’or, qui se retrouvent à faire le travail de contrôle qualité !

    Et bien, contre toute attente, quelle « agréable » surprise ! La version finale d’iOS 18.5, déployée ce 12 mai, arbore un numéro de build distinct de la Release Candidate. Et la nouvelle, ironiquement réjouissante, c’est que le problème des commandes de lecture avec VoiceOver que j’avais constaté a finalement été corrigé ! Une correction de dernière minute qui, visiblement, aurait dû être évitée si des tests d’accessibilité sérieux étaient encore effectués en interne.

    Ce correctif de dernière heure est un maigre soulagement, et il met en lumière, une fois de plus, l’abandon progressif de l’accessibilité par Apple. Il est inacceptable que ce soient aux utilisateurs de signaler les problèmes majeurs, après avoir investi des sommes considérables dans leurs produits. Espérons que cet énième incident sonnera enfin l’alarme et que les prochaines mises à jour témoigneront d’un véritable engagement pour une accessibilité qui ne soit plus reléguée au statut de variable.

  • Une journée avec Cédric Fardel : « Ces applications, ce sont mes yeux »

    (Article paru Dans le périodique d’information interne du service où je travaille.)

    Testeur en accessibilité à la DGNSI, Cédric Fardel, non-voyant, raconte le rôle de la technologie dans son quotidien, au travail comme dans ses loisirs.
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    Le contact facile, une canne et de l’organisation permettent à Cédric Fardel de regarder ce que ses yeux ne voient pas. Mais pour compléter l’humain et la débrouille, celui qui est totalement aveugle depuis l’âge de 4 ans fait appel à la technologie.
    Et il s’y connaît, lui qui travaille à la DGNSI depuis dix-huit ans, et qui a intégré l’équipe cyber en 2018 comme testeur en accessibilité. Cédric Fardel intervient au tout début de la chaîne de développement : tous les composants web de la cyberadministration et du site vd.ch passent par son… œil de lynx. « Je dois les valider selon une procédure d’évaluation rigoureuse qui garantisse leur conformité par rapport aux normes d’accessibilité. L’objectif est de veiller à offrir une expérience utilisateur optimale pour tous, quelles que soient leurs capacités. »

    La tech au boulot, mais aussi à la maison et pour ses loisirs. Voici la journée-type d’un geek heureux de l’être.
    Le lever. Pour choisir un t-shirt, retrouver le tube de dentifrice tombé par terre, lire la date de péremption d’un yoghourt ou la notice d’un médicament, il arrive parfois à Cédric de devoir activer la caméra du smartphone et l’application Be My Eyes : « Ce sont des appels vidéo qui nous mettent en relation avec des volontaires voyants du monde entier. L’appel les cible selon leur localisation et leur disponibilité, explique Cédric Fardel. L’interlocuteur guide alors ma caméra et me décrit ou me lit ce qu’il voit. Si l’on veut obtenir une description rapide sans faire appel à un volontaire, une fonctionnalité intégrée – Be My AI – utilise l’intelligence artificielle pour analyser l’image de la caméra et en faire une description vocale. »

    Le trajet au bureau. S’il n’y a pas d’imprévu, Cédric se passe de technologie pour se rendre à Longemalle. Train, bus, marche, ascenseur : il peut compter sur sa concentration, mais aussi ses collègues, qui par ailleurs se relaient pour lui acheter un repas de midi. Il souligne « combien leur gentillesse, leur bienveillance et leur attention sont incroyables ! »
    Au bureau. Au premier coup d’œil, le bureau de Cédric est identique à tous les postes de travail de la DGNSI. Si ce n’est qu’il est équipé d’un clavier en braille et d’un lecteur d’écran relié à son oreillette. « L’outil indispensable des personnes atteintes de déficiences visuelles », précise Cédric, qui décrit avec enthousiasme « un logiciel qui me permet d’interagir avec des ordinateurs et des smartphones. Le lecteur interprète le code et le contenu d’une page web ou d’une application, et me transmet ces informations via une voix de synthèse ou un afficheur braille. Grâce à de tels outils, les personnes aveugles ou malvoyantes peuvent naviguer sur le web, lire des documents, envoyer des e-mails, etc. », explique Cédric Fardel.
    Le soir. Après sa journée de travail, Cédric Fardel continue de mettre son expertise au service des utilisateurs handicapés. « Je suis de près l’actualité des nouveautés, je teste les versions beta et, par des canaux ad hoc et des outils spécifiques, je signale les bugs aux constructeurs, voire leur propose d’autres solutions. Mes connaissances des technologies d’assistance facilitent autant mon travail que ma vie personnelle. »
    Cédric apporte aussi sa contribution régulière comme podcasteur sur oxytude.org, un site web qui traite de l’actualité liée à l’accessibilité des outils informatiques et des nouvelles technologies pour les aveugles et malvoyants. Enfin pour ses coups de cœur ou de griffe personnels sur cette thématique, il tient toujours son blog cfardel.net, qu’il a créé à l’âge de 14 ans ! En-dehors de l’informatique, Cédric s’offre des loisirs plus ludiques : « J’aime le rock, le metal, les sorties entre potes et les balades dans la nature. »
    De caractère joyeux et positif, Cédric Fardel a toujours su trier et prendre le bon dans l’évolution technologique, lui qui, au quotidien, en oublie son handicap : « Je n’y pense pas, comme ceux qui voient ne pensent pas au fait qu’ils voient. »

    Ses trois outils clés

    1. Le PC. Cédric Fardel baigne dans l’environnement informatique depuis son adolescence. Il reçoit son premier ordinateur à 13 ans, comme tous ses camarades de classe. C’est le début d’une vraie passion, « que j’aurais eue même sans mon handicap », précise-t-il. D’ailleurs c’est aussi une affaire de famille chez les Fardel : les deux frères de Cédric travaillent dans l’informatique également. Avant de conquérir sa vie d’informaticien, le PC commence par élargir l’horizon du jeune fan de musique qu’il était déjà adolescent.

    2. L’iPhone. Le smartphone a changé sa vie de non-voyant : « Son arrivée a marqué un tournant majeur pour nous. Grâce à son interface intuitive et aux lecteurs d’écran intégrés comme VoiceOver (sur iPhone) et TalkBack (sous Android), un nouveau monde de possibilités s’est ouvert à nous. D’un simple toucher, nous pouvons naviguer sur l’écran, lire des textes, envoyer des messages et bien plus encore. » Et Cédric de citer également les GPS vocaux ou les outils de reconnaissance d’objets, autant d’applications spécialement conçues pour les aveugles, et qui performent surtout sur l’iPhone : « Pour nous, entre Androïd et Apple, c’est comme entre Fiat et Ferrari », explique Cédric, qui a évidemment tout testé. « En tout cas, les smartphones sont devenus de véritables assistants personnels. »

    3. Les lunettes connectées. Cédric suit de près les progrès de cette nouvelle technologie pour avoir toutes les cartes en main le jour où il fera peut-être le pas de s’équiper : « Les lunettes de Meta peuvent analyser l’environnement en temps réel et fournir des informations vocales à l’utilisateur. Elles pourraient révolutionner le quotidien des aveugles. Mais attention, je ne voudrais pas une appli qui risque d’envoyer des données ou des visages sur internet », précise le testeur de l’équipe cyber qui garde les bons réflexes.

  • Apple Care Plus et problèmes d’accessibilité : mon expérience décevante

    En tant qu’utilisateur de longue date des produits Apple, j’ai toujours apprécié l’engagement de l’entreprise envers l’accessibilité. C’est pourquoi j’ai souscrit à l’Apple Care Plus pour mon Mac, en espérant bénéficier d’une assistance de qualité en cas de problème. Malheureusement, mon expérience récente avec le support Apple a été loin de mes attentes, notamment en ce qui concerne les problèmes d’accessibilité avec macOS.

    macOS 15 : une mise à jour que j’ai préféré éviter après avoir testé les versions bêta et fait des retours de bugs

    Lors de la sortie de macOS 15, j’ai suivi avec attention les retours des utilisateurs, notamment ceux qui rencontraient des problèmes d’accessibilité avec VoiceOver, le lecteur d’écran intégré d’Apple. J’ai même testé tout le cycle de versions bêta de macOS 15, depuis la présentation initiale, et j’ai fait des retours de bugs à Apple concernant les problèmes d’accessibilité que je rencontrais.

    Malheureusement, mes observations ont confirmé les difficultés rencontrées par de nombreux utilisateurs. Les problèmes concernaient notamment l’application Apple Music, qui était inutilisable avec VoiceOver, la navigation dans le Dock, qui était devenue très difficile, et la navigation rapide, qui posait également des problèmes. Ces problèmes, s’ils n’étaient pas résolus, rendraient difficile l’utilisation de mon Mac.

    Étant donné ces problèmes persistants, et malgré mes retours de bugs, j’ai préféré ne pas effectuer la mise à jour vers macOS 15 et rester sur macOS 14, en espérant une résolution rapide de ces problèmes d’accessibilité.

    macOS 14 : des difficultés de mise à jour persistantes

    Malheureusement, même sur macOS 14, j’ai rencontré des difficultés pour installer les mises à jour. En effet, bien que le bouton de mise à jour pour macOS 14 soit visible par VoiceOver, il m’est impossible de cliquer dessus. L’interface de mise à jour logicielle me propose de passer à macOS 15, il y a donc un bug d’accessibilité. Par ce moyen je ne peux donc pas mettre à jour le système. Heureusement j’ai pu trouver une autre solution. J’ai passé par le mac appstore, et j’ai téléchargé la mise à jour complète de macos 14.

    Un appel au support Apple infructueux

    J’ai donc contacté l’assistance Apple en expliquant les problèmes que je rencontrais. Malheureusement, l’équipe de support n’a pas été en mesure de m’aider. Pire encore, j’ai eu l’impression que mes préoccupations concernant les problèmes d’accessibilité n’étaient pas prises au sérieux. On m’a même laissé entendre que je mentais sur l’existence de ces problèmes, ce qui était profondément décevant.

    Conclusion : un manque de considération pour les personnes handicapées

    Mon expérience avec l’Apple Care Plus a été extrêmement décevante. Non seulement je n’ai pas reçu l’aide dont j’avais besoin, mais j’ai également eu l’impression que mes problèmes d’accessibilité étaient minimisés, voire niés. Il est regrettable de constater un tel manque de considération pour les personnes handicapées de la part d’une entreprise qui se targue de son engagement en faveur de l’accessibilité.

    J’espère que mon témoignage permettra de sensibiliser Apple à l’importance de prendre au sérieux les problèmes d’accessibilité et d’offrir un support adapté aux personnes handicapées.

  • Édito : Les Limites du Développement en Sprint, un Frein à l’Accessibilité

    Le développement en sprint, une méthodologie prisée dans le monde de la tech, est souvent loué pour sa capacité à accélérer la livraison de produits et de fonctionnalités. Toutefois, derrière cette efficacité apparente se cachent des écueils notables, en particulier lorsqu’il s’agit d’accessibilité.
    L’objectif de cet édito est de mettre en lumière les conséquences négatives de cette approche, notamment en matière de bugs et de qualité globale du produit.

    La Précipitation : Ennemi de la Perfection

    La méthodologie du sprint repose sur des cycles de travail courts, généralement de deux à quatre semaines, durant lesquels les équipes doivent produire des versions fonctionnelles du logiciel. Si cette cadence rapide permet d’avancer rapidement, elle favorise aussi une culture de la précipitation. Les développeurs, sous pression constante, peuvent être tentés de contourner les tests rigoureux pour respecter les délais. Cette approche conduit inévitablement à l’accumulation de bugs qui compromettent la stabilité du produit.

    Accessibilité : La Grande oubliée

    L’accessibilité, un aspect crucial du développement logiciel, est souvent sacrifiée sur l’autel de la vitesse. Intégrer des fonctionnalités d’accessibilité demande du temps et une attention particulière, deux éléments souvent en contradiction avec le rythme effréné des sprints. En conséquence, les produits livrés sont fréquemment impraticables pour les utilisateurs handicapés des éléments essentiels comme les descriptions alternatives pour les images, les contrastes de couleur adéquats, et la navigation clavier, sont négligés.

    La Frustration des Utilisateurs

    Les bugs, inévitables dans une telle méthode, touchent tous les utilisateurs, mais ils sont particulièrement pénalisants pour ceux qui dépendent des fonctionnalités d’accessibilité. Les utilisateurs handicapés sont alors confrontés à des obstacles supplémentaires qui pourraient être évités avec une approche plus réfléchie. Cette frustration non seulement aliene ces utilisateurs, mais nuit aussi à la réputation de l’entreprise et à la fidélité de la clientèle.

    Une Réflexion Nécessaire

    Il est impératif de repenser l’application stricte des sprints dans le développement logiciel. Une intégration plus souple et consciente de l’accessibilité doit être envisagée. Cela pourrait passer par des sprints dédiés exclusivement aux tests d’accessibilité et à la correction des bugs, ou par l’extension des cycles pour permettre une vérification plus approfondie de chaque fonctionnalité.

    Le développement en sprint, bien que séduisant par sa rapidité apparente, montre ses limites dès qu’il s’agit de livrer des produits de qualité, accessibles à tous. Pour une véritable innovation D’intégration., il est temps de réévaluer nos priorités et de placer l’accessibilité au cœur du processus de développement. Une approche plus équilibrée, moins dictée par la précipitation et plus par la qualité, bénéficiera à tous les utilisateurs, sans exception.
    Joyeux Noël,
    Cédric

  • Éditorial : Apple et l’accessibilité : les promesses non tenues

    En tant qu’utilisateur Apple depuis près de 15 ans, j’ai toujours été séduit par l’accessibilité de leurs produits, en particulier de l’iPhone. La marque propose des expériences utilisateur fluides et personnalisées pour tous. Chaque année, de nouvelles fonctionnalités d’accessibilité viennent enrichir l’écosystème Apple pour les handicapés.

    Cependant, derrière cette façade vertueuse se cache une réalité plus complexe. Si Apple met en avant l’accessibilité de ses produits, force est de constater que la réalité sur le terrain est bien différente. Les bugs sont légion et leur correction tarde souvent à venir, compromettant ainsi l’expérience utilisateur, surtout pour ceux qui dépendent le plus de ces fonctionnalités d’accessibilité.

    Il est paradoxal de voir une entreprise qui met tant d’emphase sur l’accessibilité être aussi lente à réagir lorsqu’il s’agit de corriger des problèmes qui affectent directement l’accessibilité de ses produits. Apple devrait corriger les bugs d’accessibilité avec autant de rapidité que les failles de sécurité.

    Certains pourraient me suggérer de passer à Android, un système d’exploitation qui a fait d’énormes progrès en matière d’accessibilité. Cependant, l’écosystème Apple offre un confort d’utilisation et une intégration entre les différents appareils que je ne suis pas prêt à abandonner. Il est frustrant de constater que l’entreprise qui a su me séduire par son attention portée à l’accessibilité ne parvient pas à tenir ses promesses.

    Apple a une responsabilité envers ses utilisateurs, et plus particulièrement envers ceux qui dépendent de ses produits pour vivre au quotidien. Il est temps que l’entreprise mette ses actes en conformité avec ses discours et accorde à l’accessibilité toute l’attention qu’elle mérite.

  • Consulter son dossier fiscal est possible pour une personne aveugle ou malvoyante dans le canton de Vaud

    Le Compte fiscal permet en toute autonomie pour une personne aveugle ou malvoyante habitant le canton de Vaud de suivre sa situation. Exemple :

    • détails des paiements et acomptes
    • informations à retourner ou encore état de la taxation)
    • consulter l’historique de ses événements fiscaux.

    Pour plus d’information :
    De nouveaux outils pour accompagner les contribuables

  • Aveugles autonomes avec les impôts

    photo d'illustration Cédric devant son ordinateur. Son chien est assis à sa gauche.

    Les personnes handicapées comme les malvoyants doivent pouvoir utiliser la cyberadministration

    «Ce n’est pas évident, ça dépend un peu de chacun, mais on peut apprendre.» Cédric Fardel et sa chienne Zora ont presque volé la vedette hier au conseiller d’Etat Pascal Broulis lors d’une conférence de presse sur la fiscalité. La raison est à la fois simple et sans doute extraordinaire pour le grand public: comment remplir une modification d’acomptes électronique lorsque l’on est aveugle?

    Aujourd’hui, l’administration fiscale se veut inclusive et doit fournir la possibilité aux personnes aveugles ou malvoyantes d’être autonomes.
    Cédric Fardel, qui est testeur à la Direction générale du numérique et des systèmes d’information (DGNSI), en fait la démonstration: en quelques minutes, il a rempli son document grâce à un synthétiseur vocal. Seule difficulté rencontrée et passagère, le système demandait une mise à jour rapide.

    Codirectrice du marketing et de la communication de l’Union centrale suisse pour le bien des aveugles (UCBA), Carol Lagrange salue «cette démarche inclusive», rappelant que 377 000 personnes souffrent en Suisse d’un handicap visuel.

    Côté fribourgeois, on précise à La Liberté qu’une telle prestation n’est pas disponible pour le moment. Il faudra attendre que le Service des contributions soit inclus dans le guichet unique. ’est une thématique importante qui n’est pas mise de côté, souligne-t-on.

    Pour Pascal Broulis, l’exemple donné hier illustre la volonté d’une administration fiscale accessible et inclusive, qui e entretient le contact avec tous ses contribuables par le maximum de canaux possible. A tel point qu’un Vaudois mécontent de ses acomptes en a fait part par message électronique encore le 31 décembre 2020 à 22 h 41. Ouvert 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, comme l’a répété le grand argentier.

    L’Administration cantonale des impôts (ACI) n’a été fermée l’an dernier que quelques heures à cause de la pandémie. «C’est fondamental que les gens puissent être taxés, que le travail se poursuive», affirme-t-il. Et le Covid–19 aidant, le besoin de contacts a été très manifeste: le centre d’appels téléphoniques a reçu plus de 220 000 appels et courriels, alors que 52 000 contribuables se sont pressés au guichet et que les e-prestations sont en hausse constante. «Tout l’arsenal électronique a été développé et cela fonctionne plutôt bien», selon le responsable. Les dépôts de déclarations d’impôts sous forme papier sont en recul constant et atteignent le chiffre de 122 000 en 2019, contre 342 000 en version électronique.

    Dans le contexte très particulier de la pandémie, le chef du Département des finances a fait part de ses premières observations, soulignant l’importance de la déclaration d’impôts (DI) pour l’obtention également d’autres prestations, comme le dispositif d’aides aux établissements contraints à la fermeture.
    La DI, c’est une carte d’identité secrète: «La vie de chacun n’appartient à personne», selon Pascal Broulis.

    Crise conjoncturelle

    Les services fiscaux s’interrogeaient sur une éventuelle forte hausse des demandes de modification d’acomptes à cause du virus et de ses répercussions économiques. «Il y en a eu un peu plus, soit 20% de plus l’an dernier que par rapport à 2019, mais ça va. Il faut tout faire pour que la crise pandémique conjoncturelle actuelle ne devienne pas structurelle», a martelé le ministre. Il n’y a pas de retard non plus dans le paiement des acomptes.
    Ce qui l’inquiète en revanche, ce sont d’éventuelles provisions Covid de la part des indépendants et entreprises. Pour 2019, les demandes ont été balayées car jugées non légales. Mais pour 2020, c’est possible et l’enjeu, selon des modélisations, pourrait tourner autour de 270 millions de francs (canton-communes).

    Interview de Carol Lagrange Codirectrice du marketing et de la communication de l’UCBA (Union centrale suisse pour le bien des aveugles)

    Quelle est l’importance de cette prestation?

    Réponse de Carol Lagrange: Elle démontre la capacité d’être autonome pour une personne malvoyante ou aveugle. Au lieu de devoir remplir sa déclaration avec l’aide de quelqu’un, elle peut le faire elle-même. Et on sait qu’une déclaration d’impôts ou une modification d’acomptes, c’est quelque chose d’assez confidentiel.

    D’autres prestations se développent-elles dans ce genre?

    Réponse : Le gros sujet actuellement, c’est le droit de vote électronique. Ça reste polémique, mais cela permettrait effectivement aux personnes aveugles et malvoyantes d’avoir davantage d’autonomie et d’exercer leurs droits politiques seules. Des associations s’occupent de fournir les équipements nécessaires, avec les lecteurs d’écran, les synthèses vocales. Grâce à ces dispositifs, vous pouvez remplir les documents.

    Est-ce vraiment à la portée de chacun?

    Réponse : C’est faisable. Cela dépend des compétences techniques. Mais des cours sont donnés aux personnes aveugles ou malvoyantes.

    C’est également une question d’âge?

    Réponse : Il est vrai que l’âge peut jouer un rôle. Les trois quarts des personnes concernées sont quand même âgées, donc la question de l’utilisation d’internet est un sujet. Mais il faut saluer cette initiative de faire des sites accessibles. Des personnes malvoyantes ont besoin d’agrandisseurs d’écrans avec des contrastes de couleur marqués.

    Source la liberté,Aveugles autonomes avec les impôts

  • Accessibilité des prestations fiscales en ligne dans le canton de Vaud

    Le 18 janvier 2021, la Direction générale de la fiscalité du canton de Vaud a tenu Un point presse J’ai effectué une démonstration de comment modifier ses accomptes en ligne à l’aide d’un lecteur d’écran et d’un afficheur braille.
    Dans le Journal du 18 janvier 2021 – Radar vaudois – de La Télé? à partir de 7 minutes et 50 secondes j’explique quelques points pour rendre une prestation accessible aux aveugles.

  • Site internet de l’Etat: les malvoyants doivent pouvoir s’y retrouver

    Les bâtiments de l’administration doivent être physiquement accessibles aux personnes handicapées. Il en va de même des quelque 20’000 pages et 7000 news du site internet de l’Etat de Vaud. C’est un travail de tous les instants, qui incombe aux contributeurs et contributrices web de l’Etat.
    (suite…)