Moyens auxiliaires pour aveugle

Vous allez trouver quelques photos qui expliquent comment les non-voyants et les mal-voyants travailles à l’école, ou dans la vie de tout les jours. et quels accessoires ils ont besoin. Bonne découverte!
Photo d'une ligne braille
C’est ici la ligne braille dont je me sers pour travailler sur mon ordinateur
Photo d'une page en braille
Voici comment on écrit en braille
Photo d'un livre en braille
Voilà à quoi ressemble un livre écrit en braille
Photo d'un macro lecteur
Ce macro lecteur sert aux mal-voyants qui n’arrivent pas à lire un petit texte
Photo d'une machine PerkinsCette machine Perkins, qui sert à écrire en braille, remplace efficacement votre stylo
N’hésitez pas à déposer des commentaires.

La cécité et moi

Ce qui me plaît, c’est de mettre sur mon site des choses toujours nouvelles. On m’a dit que beaucoup de visiteurs pourraient apprécier que j’explique un
peu comment je vis la cécité. Certains peuvent en effet se demander ce que signifie être aveugle.

Atteint d’une vitréo-rétinopathie, j’ai vu très peu jusqu’à environ 3 ans et, depuis cet âge, il ne me reste plus qu’une très faible perception de la lumière.
Pour moi, être aveugle est donc quelque chose de normal, d’habituel, et, pour être franc, je ne me pose pas de questions. Ca ne me gêne pas qu’on me parle
du handicap, mais je n’y pense pas plus que la plupart des gens ne réfléchisse sur le fait d’y voir clair.

Oh, je peux reconnaître que je regrette bien de ne pas pouvoir envisager de conduire une voiture, comme d’accomplir d’autres choses où la vue est indispensable.
Un autre inconvénient, c’est pour les achats. Pour le pain, par exemple, s’il suffit de le demander à la boulangère, il en va tout autrement pour les vêtements
ou les articles qu’on ne trouve que dans les grandes surfaces. Autre chose me manque aussi, c’est de ne pas pouvoir lire les panneaux dans les rues ou
les inscriptions que vous rencontrez partout.

Par ailleurs, je n’aime pas bien me retrouver parmi des gens qui regardent et se passent des photos, surtout quand ça dure longtemps.

S’agissant de savoir comment on “voit” quand on est aveugle, si l’on est dans le noir, j’ai un peu de mal à expliquer la chose car je n’ai pas de point
de comparaison. En tous cas, je ne vois pas le noir. Je parlerais plutôt d’une impression de clarté ou d’obscurité. Un ami également aveugle qui a cette
même impression me dit qu’elle varie selon son humeur. S’il est de bonne humeur, l’impression est lumineuse ; s’il est d’humeur plus maussade, c’est l’obscurité
qu’il perçoit.

Enfin, je précise que je ne vis pas la cécité comme un drame, que je n’échangerais pas mon handicap contre un autre et que je considère donc qu’il y a toujours
pire situation que la sienne.

Maintenant, si vous vous posez des questions, n’hésitez pas à me contacter, ou à laisser un commentaire. Je tâcherai d’y répondre de mon mieux. Cela me permettra d’enrichir ce texte.

Conseils aux voyants

Je vous propose de passer en revue les situations où voyants et non-voyants peuvent s’entraider. Car s’il est difficile au voyant de s’adapter aux besoins
spécifiques des aveugles, il faut se dire qu’il ne va pas de soi, pour cet aveugle, de prendre en compte les repères habituels et les réactions spontanées
des voyants. L’un et l’autre doivent faire un effort pour communiquer. Il faut être naturel mais aussi attentif, avoir autant d’imagination que de bon
sens. La générosité va généralement de soi, l’humour est vivement recommandé.

Parlez

C’est primordial. Le premier contact avec quelqu’un c’est généralement un petit signe, un sourire…Essayez la même chose avec des mots.

Faites vous connaître

Un simple bonjour ne suffit pas. Il m’est arrivé de rencontrer quelqu’un à l’entrée de mon immeuble, de prendre l’ascenseur avec lui, et de m’apercevoir
au final que chacun ouvre sa porte sur le même palier. C’était donc mon voisin! lui bien sûr il m’a reconnu, mais pas moi. Vous présenter autorise l’aveugle
à échanger avec vous, ce qu’il n’osera pas faire sans y avoir été invité. Car si bienveillante que soit l’expression de votre visage, il ne la voit pas.

Dites ce que vous faites

Parler c’est imprtant partout: dans la rue, à l’intérieur d’un immeuble ou d’un magasin. Parlez afin que votre intervention soit compréhensible et acceptée
plutôt que subie. Combien de fois ai-je été dévié de ma trajectoire par un passant sans savoir pourquoi. Tandis qu’il accomplit la manoeuvre qui m’évite
sans doute un choc ou une chute, pas un mot. La soudaineté parfois impérieuse avec la quelle je suis manipulé me perturbe. En pensant prendre le contrôle
d’une situation qu’il juge délicate ou dangereuse pour moi, ce passant a pris le contrôle de ma personne. Je suis aveugle, pas inanimé! Ce qu’il fallait
faire? m’avertir: “Attention, Monsieur, il y a une poubelle devant vous, puis-je vous aider?”
L’empressement muet et parfois fanatique des gens vis-à-vis d’un aveugle peut prendre des tournures drolatiques et parfois inquiétantes. Certains craignent
la contagion bien connue de notre mal et s’emparent d’une manche de notre veste pour nous déplacer. D’autres diagnostiquent une panne d’essence et nous
poussent par l’arrière. Le plus stupéfiant est sans doute d’être dirigé par la canne qui fait alors office de laisse, à moins qu’on ne la confonde avec
la perche du remonte-pente sur une piste de ski.
Ces comportements peuvent paraître caricaturaux et pourtant ils ne sont pas exceptionnels. La maladresse des voyants est liée à leur méconnaissance des
véritables besoins de l’aveugle. Le plus simple, c’est donc de proposer son aide au lieu de l’imposer, en parlant le premier. L’aveugle vous confiera sans
complexes le mode d’emploi pourvu que vous osiez le lui demander.

Parlez normalement

Les non-voyants se servent de tous les mots du dictionnaire. Ne vous censurez pas pour ménager une susceptibilité que vous imaginez et qu’ils ne ressentent
absolument pas: vous penserez peut-être faire preuve de délicatesse en évitant les mots qui se rapportent de près ou de loin à leur handicap. Or vous risquez
ainsi de compliquer à outrance la communication et d’instaurer un malaise qui n’existait pas. Les aveugles emploient tout aussi étourdiment que les voyants
des automatismes de langage comme “tu vois”, “t’as vu”, “à vue d’oeil”, etc…et diront tout naturellement qu’ils ont vu à la télé ceci ou cela.

La marche

Pour qu’un aveugle se guide d’après vous, le mieux est de lui offrir votre bras, de préférence le droit afin de laisser libre et opérante sa propre main
droite, celle qui la plupart du temps tient la canne (on fait l’inverse pour un gaucher). Pensez combien il est plus agréable de suivre le mouvement d’une
personne plutôt que d’être tiré par elle, et combien c’est plus efficace.

Dans un magasin ou une administration

La plupart des informations sont visuelles. Un voyant repère tout de suite la file d’attente, la progression des clients, et quand c’est son tour ou si
la vendeuse ou l’employé sont prêts à le servir ou à l’écouter. Le mieux est donc d’indiquer au non-voyant la fin de la file, de lui dire d’avancer au
fur et à mesure que c’est possible, enfin de lui signaler quand c’est son tour.
Certaines vendeuses deviennent muettes d’embarras en découvrant un aveugle devant elles. Encore une situation difficile et toujours une seule ressource:
la parole.

Dans le métro

Je prends beaucoup le métro. Pas question de profiter des indications de directions qui toutes sont visuelles. Dans le dédale des couloirs, des correspondances
et des stations, il faut demander. Pour demander, il faut déjà pouvoir arrêter quelqu’un! Les gens ne s’arrêtent pas toujours, et si quelqu’un s’arrête
mais sans rien dire, comment le saurais-je? Alors je pose une question, et tant que je n’ai pas de réponse je la repose…
Le métro arrive: je dois trouver la porte. Si elle s’ouvre devant moi, tant mieux. Sinon, je cherche à tâtons…Dans la rame, les places assises ne font
pas plus de bruit que les places occupées. Je cherche à l’aide de ma canne et de la main, risquant évidemment de heurter une personne déjà assise. Il m’arrive
de rester debout, lassé d’avoir à demander. Je suis donc bien content lorsque quelqu’un me désigne une place.

Ici ou là

“Ici” ou “là”, “c’est par là”, “tout droit”…ça ne m’avance guère! Cette formulation est tellement spontanée qu’il est difficile de l’éviter. Je crois
qu’il faut une pratique déjà éprouvée de l’univers des non-voyants pour la corriger. Peut-être y penserez-vous désormais…
Au chapitre des indications, je signale aux automobilistes qu’un appel de phares a peu de chances d’attirer l’attention de l’aveugle. Klaxonner n’est pas
non plus très explicite. L’idéal est de baisser la vitre et de parler.

Réunions et réceptions

Il est bien hasardeux de reconnaître une personne à sa voix lorsqu’elle se trouve parmi des dizaines d’autres, puis de se diriger vers elle. On peut l’appeler
certes, mais cela manque d’élégance. Vous me rendrez donc un service appréciable en prenant l’initiative de vous déplacer vers moi. Sinon je me débrouille
en avançant dans la pièce au gré des conversations.

A table

Ce n’est pas si problématique. Il suffit d’annoncer le contenu de l’assiette et la place des ustensiles. Les couverts permettent aisément de faire le tour
des aliments. Evitez d’avancer un morceau de pain en disant “tiens”, posez-le plutôt en précisant “devant l’assiette à droite”, par exemple.
Si vous voulez être vraiment sympa, détaillez pour l’aveugle le contenu d’un plat où sont disposées diverses sortes d’aliments, des amuse-gueules par exemple:
cela lui évitera de se forcer à avaler poliment des aliments qu’il n’aime pas, ou de devoir en remplir subrepticement ses poches.

Quand vous viendrez chez moi

Il est crucial pour un non-voyant de retrouver les objets à la place où il les avait mis. Il faut donc ne pas les déplacer sans l’avertir. Il m’arrive souvent
de chercher pendant longtemps quelque chose qui n’est plus à sa place, puis de découvrir que c’était à côté de moi! Je ne voyais pas cet objet si proche,
c’est par le toucher que nos routes se sont croisées de nouveau.
Si vous laissez quoi que ce soit dans un passage, sachez que cela va se transformer en obstacle. J’enrage régulièrement contre les portes laissées entrouvertes:
je ne me suis pas méfié et j’en prends encore une en pleine tête!
En arrivant chez moi un soir d’hiver, il y a de fortes chances pour que vous trouviez mon appartement plongé dans le noir tout comme moi. Vous allumez
donc en arrivant, ce qui est normal puisque je n’y pensais pas. J’oublierai probablement aussi de vous demander d’éteindre en partant. Si personne n’y
pense, la lumière restera allumée pendant plusieurs jours, avant qu’un nouveau visiteur ne m’en fasse la remarque…

Source : www.lignedevue.org